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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 8 novembre 2017

Comment parler du profilage racial à ses enfants

Publié le

Will Prosper, Henri Pardo, Pierre-Yves Lord et Julie-Tania Richard au micro de Catherine Perrin
Will Prosper, Henri Pardo, Pierre-Yves Lord et Julie-Tania Richard   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Ils exhortent leurs enfants à se montrer très polis envers les policiers, à ne pas faire de mouvements brusques, à soigner leur apparence et à ne pas traîner dans les rues. Julie-Tania Richard, Henri Pardo, Pierre-Yves Lord et Will Prosper parlent à Catherine Perrin du trouble qu'ils ressentent à devoir avoir des conversations que les familles blanches ne connaîtront jamais.

« J’en arrive à ce constat triste : je ne sais pas quoi dire aux jeunes lorsque la police intervient auprès d’eux, dit Will Prosper. On leur dit de garder leur calme, de connaître leurs droits, de faire de leur mieux pour ne pas amener le policier à avoir un comportement violent, mais c’est difficile, surtout dans un quartier comme Montréal-Nord. J’ai grandi à Montréal-Nord. Dès que j’ai eu mon permis de conduire, à 16 ans, j’étais fier, mais c’est venu tout de suite avec une escorte policière. Des contrôles de routine, j’en ai eu plus de 40 dans ma vie. […] Parmi ces contrôles de routine, [il y en a eu où] j’étais avec mes enfants dans le véhicule. »

Ce n’est pas nous qui devrions avoir cette conversation. Ce sont les gens qui nous imposent ces conditions.

Will Prosper

Reportage de Sophie Langlois sur le profilage racial

« Je veux qu’il demeure lui-même »
Henri Pardo estime que les enfants absorbent le racisme ambiant. Son fils de 13 ans n’a pas été surpris par les conseils de son père. « Je ne veux pas qu’il change sa personnalité, lance-t-il. S’il veut mettre un hoodie, il va mettre un hoodie. S’il veut faire le party dans un parc comme on l’a tous fait, il a le droit. Tout ça, il a le droit. C’est très délicat comme conversation, parce que je veux qu’il demeure lui-même. Je préfère [aussi] qu’il revienne à la maison en larmes, mais qu’il revienne à la maison. Ce n’est pas à lui de régler [un différend avec les policiers] sur les lieux. On prendra d’autres mesures et on essaiera de régler ça ensemble. »

C’est aberrant que mon enfant ne puisse pas aller vers les flics en cas d’urgence. Il doit se poser des questions, parce que c’est eux, le danger.

Henri Pardo

Poids à porter
Julie-Tania Richard, fort émotive tout au long de la conversation, a quatre enfants, dont un seul a le teint foncé. « J’essaie de ne pas trop lui faire peur avec ça. Je de la difficulté à lui dire : "Écoute, Samuel, tu es Noir, il faut que tu fasses attention à la façon dont tu te comportes", indique-t-elle. À cause de sa couleur, je suis obligée de le forcer à s’adapter, tandis que les autres, qui sont plus jeunes, qui sont plus pâles, n’auront pas le même poids à porter. »

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