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Catherine Perrin
Audio fil du vendredi 13 octobre 2017

Étiquetés « entrepreneurs immigrants » malgré eux

Publié le

Sumitra Rajagopalan, Marc-André Sabourin, Winston Chan et Mouna Joulali au micro de Catherine Perrin
Sumitra Rajagopalan, Marc-André Sabourin, Winston Chan et Mouna Joulali   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Des entrepreneurs issus des minorités culturelles n'apprécient pas le vocalbulaire employé par le magazine L'actualité dans un dossier sur l'entrepreneuriat immigrant. Sumitra Rajagopalan, Winston Chan et Mouna Joulali croyaient faire l'objet d'un article sur la réussite de leurs entreprises, mais sont déçus que l'article les mette dans une classe à part. En compagnie du journaliste Marc-André Sabourin, qui signe l'article, ils expliquent à Catherine Perrin qu'ils ne sont pas différents des entrepreneurs nés ici.

Je ne connais aucun entrepreneur technologique qui se définit par ses racines ethnoculturelles. C’est la première fois pour moi.

Sumitra Rajagopalan

« M. Grandmont, rédacteur en chef de L’actualité, parle d’un pacte de paix qu’il faut faire avec les immigrants, comme si on était en guerre. Je n’étais pas au courant, raille Sumitra Rajagopalan. Avant que Marc-André ne débarque [dans les bureaux de ma compagnie, BioAstra], je ne savais que j’étais une immigrante entrepreneure. Maintenant, merci pour l’étiquette, je vais la mettre sur ma carte de visite. [Je pensais plutôt que] j’étais une entrepreneure technologique qui avait exactement les mêmes défis de commercialisation de la technologie que mes collègues mâles caucasiens. »

Présomptions embarrassantes
« Je ne sens pas tous les jours que ma démarche, en tant qu’immigrante, est différente, souligne Mouna Joulali. Je ne suis pas allée m’installer dans le Petit Maghreb [de Montréal]. Je me suis installée dans Le Plateau [Mont-Royal]. Je n’ai pas cherché à avoir la clientèle de ma communauté, justement pour [confirmer mon appartenance au Québec]. »

La propriétaire de L’étagère gourmande ressent un malaise avec la présomption de l’article de L’actualité voulant que les immigrants acceptent davantage les risques : « J’ai une facilité avec les gens, je vais vers les gens, et je sais qu’en tant qu’immigrante ayant vécu dans quatre pays différents, j’ai beaucoup plus de facilité à m’intégrer. Par contre, je suis quelqu’un qui a de la difficulté avec le risque. »

Des défis à surmonter
Selon Winston Chan, chiropraticien, c’est l’absence de réseau qui place les entrepreneurs issus de l’immigration dans une catégorie distincte : « Se partir une entreprise sans réseau, c’est très difficile. L’une des raisons est qu’on doit connaître les codes du Québec. »

Simple examen d’une tendance
Marc-André Sabourin défend la démarche de L’actualité : « Ce qu’on dit, ce n’est pas nécessairement que les immigrants réussissent mieux que les Québécois. Il ne s’agit pas de comparer les entrepreneurs natifs aux entrepreneurs d’origine étrangère. L’idée, c’est de chercher à comprendre pourquoi les immigrants au Québec – et pas seulement au Québec, [mais aussi] au Canada, aux États-Unis et dans plusieurs autres pays du monde – ont davantage tendance à se lancer en affaires. »

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