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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 14 septembre 2017

Violences obstétricales : ces médecins qui décident pour les mères

Publié le

Lorraine Fontaine, Ariane Métellus et Isabelle Roy au micro de Catherine Perrin
Lorraine Fontaine, Ariane Métellus et Isabelle Roy   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Césariennes imposées, procédures et médicaments non nécessaires, déshumanisation et médicalisation de l'accouchement... Des voix s'élèvent pour dénoncer la violence systémique envers les femmes qui accouchent. Fabien Simard, président de l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, Isabelle Roy, accompagnante à la naissance, Lorraine Fontaine, du Regroupement Naissance-Renaissance, et Ariane Métellus, victime de violence obstétricale, discutent avec Catherine Perrin de l'équilibre à trouver entre nécessité médicale et respect des mères.

« On n’est pas en train de parler d’obstétriciens ou de médecins violents. [On parle de] maltraitance, de mauvais traitements, de manques de respect, de traumatismes, souligne Lorraine Fontaine. On a certains praticiens et praticiennes qui font des épisiotomies [une incision du périnée qui permet au bébé de sortir plus facilement] de façon systématique. Ce sont des pratiques qui ont un effet de longue durée sur les femmes. […] Des femmes témoignent de plus de 40 touchers vaginaux lors de l’accouchement, ou d’épisiotomies alors qu’elles avaient dit non. »

La violence obstétricale, c’est de voir l’accouchement comme un acte médical et non comme un événement humain.

Lorraine Fontaine

Elle déplore que les objectifs du ministère de la Santé pour réduire le nombre de césariennes au Québec n’aient pas été atteints et réclame de meilleures formations pour les médecins au sujet des accouchements physiologiques.

Pire en France
Pour avoir travaillé en France, où la question des violences obstétricales fait couler beaucoup d’encre depuis quelques semaines, Isabelle Roy a constaté que la situation y est bien pire. « Dans beaucoup de maternités, on impose encore le jeûne pendant l’accouchement, alors qu’au Québec, depuis une vingtaine d’années, si les parents en font la demande dans le plan de naissance, ils peuvent grignoter légèrement lorsque l’accouchement est sans complication. » Elle rapporte également un taux plus élevé d’épisiotomies. « Ce qui m’a encore plus frappée en France, c’est que parfois, lorsque les mamans poussent leur bébé dans les périodes expulsives, il y a un massage abdominal pour pousser le bébé plus rapidement. »

Des tendances décidées par les patientes
« C’est très important pour nous que le choix de la patiente prime. Ça fait partie d’un code d’éthique, jure Fabien Simard, qui insiste sur les énormes progrès de la médecine obstétricale depuis le début du 20e siècle. Selon lui, le fait que les femmes accouchent désormais à un âge plus avancé change la donne. Les spécialistes basent aussi leurs pratiques sur les préférences de leurs patientes. « Le choix des femmes, c’est de ne pas avoir de douleurs lorsqu’elles accouchent. Quand il n’y a pas d’épisio[tomie], il y a 90 % [de cas] de lacérations au niveau vaginal et vulvaire. L’accouchement lui-même est difficile pour les femmes. Donc, notre rôle à nous est de faciliter l’accouchement. C’est pour ça qu’il y a un [haut] taux d’épidurale. »

Réactions en chaîne
Ariane Métellus a subi quatre césariennes en autant d’accouchements. Elle estime qu’elles auraient pu être évitées. « La première, certainement, dit-elle. Je n’étais pas bien préparée. Je pense que le manque de préparation a mené à la cascade d’interventions qui a suivi. »

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