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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 31 août 2017

Opioïdes : une crise empirée par la démocratisation des antidouleurs

Publié le

Suzanne Brissette et Didider Jutras-Aswad au micro de Catherine Perrin
Suzanne Brissette et Didider Jutras-Aswad   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Inaccessibles il y a quelques décennies, les antidouleurs aux propriétés analgésiques semblables à celles de la morphine sont désormais prescrits pour des conditions bénignes, rendant plus de gens vulnérables à la crise des opioïdes causée par la présence de fentanyl dans les substances circulant sur le marché noir. Didier Jutras-Aswad, psychiatre et chercheur, Suzanne Brissette, chercheuse et médecin, et la documentariste Hélène Choquette expliquent à Catherine Perrin qu'il faudra une panoplie d'interventions et un meilleur enseignement pour régler cette crise.

Selon Suzanne Brissette, une partie du problème vient du fait que les médicaments à base d’opioïdes se consomment désormais de façon récréative. « Ils sont utilisés à des fins illicites par des consommateurs qui sont peut-être un peu moins expérimentés. […] Ne connaissant pas bien ce qu’ils consomment, ils vont [utiliser ces drogues] sans précaution et s’intoxiquer. »

Des prescriptions à encadrer
Les prescriptions d’opioïdes ont augmenté de 29 % au Québec de 2011 à 2015. « Il y a eu un changement majeur de paradigme, confirme la spécialiste. [Autrefois] on soulageait seulement les gens qui étaient en phase terminale ou qui avaient des conditions très sévères, comme des cancers. Le nouveau paradigme veut qu’on soulage la douleur quand c’est indiqué. Par contre, ce qui n’a peut-être pas suivi au même rythme, c’est tout l’enseignement qui devrait avoir lieu autour de comment prescrire, sur quelle indication prescrire, combien de temps prescrire, etc. […] Pas juste sur le plan pharmacologique, mais aussi comment dépister les gens qui sont plus à risque de développer une toxicomanie, comment prescrire de façon sécuritaire et comment gérer tous ces problèmes-là en même temps. »

Gare au retour en arrière
Didier Jutras-Aswad est d’accord, mais émet une mise en garde : « Il faut améliorer la prescription de ce type de médication, mais, en même temps, il faut faire attention de ne pas revenir à une situation comme il y a 50 ans, où les gens qui ont réellement besoin de cette médication n’y ont pas accès. […] Parfois, il y a de bonnes raisons pour la prescrire, mais [il y a une différence] entre la prescrire pour quelques jours, revoir la personne, réévaluer et prescrire pour plusieurs semaines avec des quantités astronomiques de comprimés qui, après, peuvent se retrouver un peu n’importe où. »

Victimes du « cercle infernal »
Hélène Choquette a eu le choc d’apprendre que deux jeunes hommes avec qui elle avait tourné le documentaire Chienne de vie ont été victimes de la crise des opioïdes. Ils sont morts de surdoses de substances qui contenaient supposément du fentanyl. « Ils étaient conscients qu’ils jouaient avec leur vie, dit-elle. Ils se définissaient tous les deux comme des toxicomanes. Oui, Edison [l’un des deux jeunes hommes] disait qu’il essayait de s’en sortir, mais il retombait constamment dans la consommation. C’est un cercle vraiment infernal. »

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