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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 22 août 2017

40 ans de loi 101 : une langue sauvée, une identité malmenée

Publié le

Pierre Dubuc, Ruba Ghazal, Stéphane Leclair et Anita Aloisio au micro de Catherine Perrin
De gauche à droite et de haut en bas : Pierre Dubuc, Ruba Ghazal, Stéphane Leclair et Anita Aloisio   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

La loi phare du gouvernement de René Lévesque a permis de franciser des milliers d'immigrants, mais pas de les faire sentir plus québécois. C'est ce qui ressort du documentaire Les Québécois de la loi 101, qui sonde les premières générations d'immigrants qui ont vécu les effets de la Charte de la langue française. L'animateur Stéphane Leclair, le directeur-fondateur de L'aut'journal, Pierre Dubuc et deux « enfants de la loi 101 », Ruba Ghazal et Anita Aloisio, discutent avec Catherine Perrin des failles du système scolaire qui diluent l'effet de la loi 101.

J’ai le goût de hurler quand j’entends qu’on ne valorise pas la littérature québécoise.

Ruba Ghazal

« La première fois que j’ai lu l’œuvre de Michel Tremblay, c’est dans un cours de français au cégep, raconte Ruba Ghazal. Tout le monde ne va pas au cégep. Je me rappelle très bien qu’on lisait des livres américains traduits en français [au secondaire]. On pouvait choisir ce qu’on voulait, il fallait juste que ce soit en français. Il n’y avait pas d’exigence que ce soit québécois. »

L’étiquetage qui divise
Anita Aloisio a réalisé, en 2007, le documentaire Les enfants de la loi 101. Selon elle, le fait que les immigrants s’identifient ou non comme Québécois importe peu quand on les exclut de facto. « On m’étiquette encore comme allophone, ce que je trouve obsolète, dit-elle. C’est une richesse que cette loi 101 a créée et qu’on ne met jamais de l’avant. On met de l’avant des catégories de personnes. Je me retrouve dans une catégorie qui ne fait pas partie de cette culture québécoise, parce que quand j’avais 10 ou 12 ans, […] le contexte scolaire n’était pas en mesure de me transmettre la poésie de Gilles Vigneault. »

Pour la loi 101 au cégep
Pierre Dubuc milite pour que l’enseignement obligatoire en français s’applique jusqu’au niveau collégial. « On a un vrai problème de culture, de langue, parce qu’on sait que les élèves qui fréquentent le cégep anglophone vont aller à l’université en anglais, vont travailler en anglais par la suite, déplore-t-il. Les gens des communautés culturelles, les allophones arrivent ici dans un milieu ambiant qui n’est pas très favorable à la culture francophone, disons-le comme ça pour être polis, et ça, ils n’apportent pas ça dans leurs bagages quand ils traversent le chemin Roxham à Lacolle. […] Malheureusement, beaucoup de Québécois ont intériorisé ce même mépris à l’égard de [leur] culture. »

Réfléchissons à nous-mêmes
« Je pense qu’on devrait commencer à s’intéresser à nous-mêmes, collectivement, déclare Stéphane Leclair. C’est-à-dire : est-ce qu’on est si fers que ça de la langue française? Est-ce qu’on aime tant que ça la langue française? Est-ce qu’on a envie tant que ça de partager la culture québécoise? Comment ça se fait qu’on ne partage pas notre amour de la culture québécoise avec ces jeunes-là et avec tous les Québécois de toute façon? Avant de s’intéresser à un cégep obligatoire en français, commençons donc par nous poser certaines questions sur ce qui se passe à l’école primaire et à l’école secondaire. »

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