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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 9 août 2017

Embourgeoisement : les étudiants et les artistes y contribuent aussi

Publié le

Alexandre Maltais et Carole Laganière au micro de Stéphan Bureau
Alexandre Maltais et Carole Laganière   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Il n'y a pas que l'arrivée de riches professionnels pour causer l'augmentation des loyers et l'expulsion de résidents de longue date dans des quartiers autrefois abordables. Même l'arrivée d'étudiants et d'artistes peut bouleverser l'écosystème d'un quartier. La documentariste Carole Laganière, l'urbaniste Alexandre Maltais, l'avocate DJ Larkin et une femme qui a subi les conséquences de l'embourgeoisement de son quartier, Liliana Surace, parlent à Stéphan Bureau de la facilité avec laquelle des propriétaires contournent les mesures censées lutter contre ce phénomène.

« Ça commence beaucoup par les étudiants et les artistes qui ont besoin d’espace », indique Carole Laganière, qui a consacré le documentaire Quartiers sous tension à l’embourgeoisement. « Ce sont des gens qui n’ont pas nécessairement beaucoup d’argent, mais qui vont vivre dans des quartiers un peu plus modestes, où les appartements coûtent moins cher, les locaux. Et voilà : le quartier devient in parce qu’eux aiment les cafés, les épiceries bio, etc. Pas à pas, une population plus friquée, plus riche débarque et ça fait boule de neige. »

Bande-annonce de Quartiers sous tension

Pas qu’un seul coupable
Alexandre Maltais croit qu’il est important de dépersonnaliser le débat. « L’embourgeoisement, c’est l’accumulation de plein de gens qui ne sont pas forcément riches, qui font des choses qui ne sont pas forcément mauvaises – accéder à la propriété, vouloir acquérir un patrimoine, vouloir envoyer ses enfants dans une bonne école –, mais qui, cumulées, ont un effet qui est négatif pour une partie de la population. »

Derniers bastions
DJ Larkin explique que depuis 5 à 10 ans, le quartier Downtown Eastside de Vancouver – le seul de la ville qui avait résisté à ce phénomène jusqu’à maintenant – est en train de céder lui aussi. « La ville est consciente [du problème], mais elle veut aussi que le développement économique continue […]. Le quartier subit vraiment de sérieuses pressions économiques en ce moment, mais on met en place des mesures pour contrôler un peu l’embourgeoisement. Quand Downtown Eastside va tomber, il n’y aura plus d’endroit à Vancouver pour les personnes handicapées, les personnes âgées, en particulier celles qui sont autochtones ou chinoises. Même les artistes vont commencer à avoir des problèmes à trouver quelque part où rester. »

Épreuve infernale
Liliana Surace a lutté tant bien que mal contre l’expulsion après qu’un propriétaire eut racheté le bâtiment qu’elle habitait depuis 16 ans. Elle affirme que le nouvel acheteur a tout fait pour la pousser à partir. « Il a foutu à la porte ma voisine et j’ai vécu pendant 9 mois sur un champ de construction infernal, raconte-t-elle. J’ai vécu de l’intimidation. J’ai vécu du harcèlement. J’ai appelé la police… Ils ont tout fait pour me mettre à bout. Et moi, j’ai vécu là pendant les 9 mois des travaux. Ils ont juste gardé les piliers du logement à côté et du logement en bas [du mien]. Ils ont creusé un sous-sol au diesel. J’ai tout subi. Tout. »

Le documentaire Quartiers sous tension sera diffusé le 12 août à 21 h sur ICI Radio-Canada Télé.

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