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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 14 juin 2017

Harcèlement entre copropriétaires : l’hostilité chez soi, chaque jour

Publié le

Jean-Dominic Leduc, Marylène Fortier et Me Yves Joli-Cœur au micro de Catherine Perrin
Jean-Dominic Leduc, Marylène Fortier et Me Yves Joli-Cœur   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Quand des gens aux tempéraments bien différents partagent un lieu de vie, il arrive que les esprits s'échauffent au point de rendre la cohabitation impossible. En compagnie de Me Yves Joli-Cœur, du Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec (RGCQ), deux copropriétaires, Marylène Fortier et Jean-Dominic Leduc, rendent compte du sentiment d'impuissance et de la tension qui règnent quand un copropriétaire en harcèle un autre.

En achetant un logement dans un triplex rénové, Marylène Fortier et son conjoint se sont retrouvés dans un étrange jeu de chantage avec l’un des couples copropriétaires, qui étaient à l’origine des rénovations. Croyant avoir voix au chapitre sur les logements qu’ils avaient eux-mêmes vendus, les propriétaires originaux se permettaient d’intervenir dans des questions qui ne les concernaient plus, puis ont résisté aux demandes de travaux additionnels, jugés nécessaires.

Impossible d’avoir la paix
« Ils considéraient qu’ils avaient beaucoup investi dans cet immeuble, qu’ils n’avaient pas nécessairement fait l’argent qu’ils voulaient faire, donc, une espèce d’amertume s’est installée, raconte-t-elle. Ç’a été le déclenchement de comportements très intimidants, d’appels au bureau où l’on se faisait crier par la tête. […] C’était impossible d’avoir la paix. »
Jean-Dominic Leduc, pour sa part, vit une guerre ouverte avec ses voisins du dessous, qui démontrent une intolérance jugée excessive à toute forme de bruit. « Le jour du déménagement, le voisin du dessous est venu se plaindre du bruit. […] Le lendemain, on bouge un meuble, mon épouse et moi, à 16 h un samedi. Il vient cogner à la porte et dit : "Chaque fois que vous allez faire du bruit, je vais venir cogner", raconte-t-il. Au bout d’une semaine, [ces voisins] ont cessé de venir cogner à notre porte et ont commencé à cogner dans leur plafond. »

« On est en train de devenir fous! »
Il décrit des échanges surréels lors desquels, à chaque bruissement, un tambourinage ou des claquages de porte démesurément forts s’ensuivent sur de longues périodes. « On est comme dans une bulle et on a l’impression qu’on est en train de devenir fous! »

Danger de vice du consentement
Soulignant que les mœurs québécoises sont encore jeunes en matière de copropriété, Yves Joli-Cœur rappelle que les recours vont de la médiation à l’arbitrage en passant par les tribunaux, selon les cas.

Il enjoint aux conseils d’administration d’immeubles à ne pas se dérober à leur obligation de résoudre de tels conflits : « Les conseils d’administration sont généralement des gens bénévoles qui fuient ce genre de conflits. […] C’est souvent une erreur pour deux raisons : un, ils sont les gardiens de la déclaration de copropriété, qui interdit ce genre de comportement, et deuxièmement, lorsque dans une copropriété, s’installe le conflit, ça dévalorise un immeuble. Iriez-vous vous installer dans un immeuble où la chicane est prise? Ça va amener un vice du consentement. »

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