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Catherine Perrin
Audio fil du lundi 12 février 2018

Dépression et assureurs : l'histoire révoltante de l'auteur Samuel Archibald

Publié le

L'auteur Samuel Archibald dans nos studios
L'auteur Samuel Archibald dans nos studios   Photo : Radio-Canada / Pascal Michaud

L'auteur Samuel Archibald, qui a signé un témoignage poignant le week-end dernier dans La Presse+, où il révèle être aux prises avec une profonde dépression depuis quelques mois, déplore le traitement réservé aux personnes qui souffrent d'une maladie mentale par les compagnies d'assurance et le manque d'empathie de ces dernières. Les stigmates liés à la maladie mentale persistent au sein de ces entreprises, déplore-t-il.

En signant le texte Je ne fais pas une vraie dépression et je suis un fraudeur, Samuel Archibald souhaitait mettre en lumière l’attitude des compagnies d’assurance à l'égard de leurs clients qui souffrent, à un moment de leur vie, d’une maladie mentale, et par le fait même « la cruauté » de certaines décisions prises par ces entreprises en matière d'indemnités pour invalidité.

L’auteur prend l’exemple de sa propre compagnie d’assurance, en l’occurrence Desjardins Assurances générales, qui lui a reproché l’automne dernier, au moment où il avait reçu un diagnostic de dépression, d’avoir fait une apparition à la radio et d’avoir publié une petite nouvelle d’horreur pour l’Halloween dans le quotidien La Presse.

On lui a également reproché d’avoir mis sur sa page Facebook des photos de lui en train de courir, ainsi que des clichés de lui en présence de ses enfants.

Comme si courir 12,5 km à - 35 degrés dans des pistes de ski-doo au Saguenay-Lac-Saint-Jean était une preuve de santé mentale, et qu’avoir des enfants et de ne pas pleurer avec ses enfants dans ses bras sur Facebook était une preuve que tu ne vas pas si mal que ça finalement.

Samuel Archibald, auteur

Samuel Archibald déplore que les compagnies d’assurance cherchent à appliquer, « sans transition et sans traduction », les paramètres de la maladie physique à ceux de la maladie mentale.

De nombreuses réactions
La lettre de Samuel Archibald a suscité un nombre incroyable de réactions positives. « Bien sûr, je l’écrivais pour provoquer des réactions, mais à ce point-là, ça m’a surpris moi-même. » L'auteur dit avoir reçu de nombreux témoignages qui ressemblent à l'histoire qu'il a lui-même vécue. D'autres histoires sont tout simplement sordides, raconte-t-il.

J’ai entendu des gens à qui on avait demandé d’aller travailler un petit peu entre deux traitements de chimiothérapie, parce que la chimiothérapie n’avait pas l’air si incapacitante que ça.

Samuel Archibald, auteur

La quantité de réactions générées par la lettre de Samuel Archibald est une bonne chose, selon lui. « Je pense que c’est important que ça devienne collectif, que les gens parlent, et je suis très content si j’ai pu initier ça. Qu’on se les raconte, ces histoires d’horreur, parce que là, ça fait assez longtemps que ça dure », dit-il.

Réaction de Desjardins
À la suite de la sortie de Samuel Archibald, Desjardins a réagi lundi en publiant une « mise au point » sur son site web.

« Desjardins a pris connaissance de la lettre ouverte de Samuel Archibald publiée dans La Presse+ le 11 février. Nous sympathisons avec sa situation et, comme ce dossier n'a jamais fait l'objet d'une réévaluation, nous avons rapidement mis en branle un processus de révision hier. Nous allons maintenir les communications avec M. Archibald, de même qu'avec son employeur pour qui nous administrons le régime d'assurance collective », peut-on lire.

Desjardins précise aussi que près de la moitié des dossiers d'assurance collective qu'elle gère sont des cas d'invalidité et le taux de refus pour les cas de santé mentale se situe sous la barre des 5 %.

Elle ajoute qu'elle n'entend pas émettre de commentaires additionnels et n'accordera aucune entrevue sur le sujet.

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