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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 12 octobre 2017

Les dangers méconnus du Lariam, « la pilule qui rend fou »

Publié le

Stromae en 2016
Le chanteur Stromae a dû mettre sa carrière en veilleuse après avoir souffert des effets secondaires causés par le lariam.   Photo : AFP/Getty Images / PATRICK KOVARIK

Anxiété, rêves vivides, psychose, insomnie, dépression... Le Lariam, marque déposée de la méfloquine et l'un des trois antipaludiques prescrits aux voyageurs, peut produire ces effets secondaires chez 5 % des utilisateurs, soit 1 personne sur 10 000. Le chanteur Stromae, qui a pris le médicament pour une tournée africaine, en est la plus récente victime. La Dre Danielle Perreault, de Médecins sans frontières, explique à Catherine Perrin pourquoi le Lariam est encore prescrit.

Dre Perreault, qui a longtemps traité des voyageurs, précise que les deux autres antipaludiques utilisés, le Malarone et la Doxycycline, doivent être pris quotidiennement : « Le Lariam se prend une fois par semaine, ce qui est pratique lorsqu’on s’en va pour longtemps. »

Bien que la majorité de la population réagisse bien au Lariam, ses effets secondaires sont si bien connus que les Européens que Dre Perreault a consultés refusaient systématiquement de prendre ce qu’ils appelaient « la pilule qui rend fou ».

Plusieurs contre-indications
Des contre-indications « absolues » ne touchent pour l’instant que les patients ayant une histoire d’anxiété, de dépression, de certains problèmes psychiatriques et d’épilepsie.

La spécialiste estime qu’il faut aller plus loin en étudiant l’historique familial en matière de problèmes mentaux. « Il y a quand même là un terrain pour exprimer une maladie mentale. Vous avez des cofacteurs qui arrivent. »

Voici ce que Dre Perreault disait aux patients à qui elle devait prescrire du Lariam : « On ne sait pas si vous allez pouvoir la tolérer. Alors, vous allez prendre un comprimé par soir, trois soirs d’affilée. Faites-le deux semaines avant de partir ou une fois par semaine, un mois avant de partir, et on va voir comment vous allez la tolérer. »

Vulnérables soldats
En raison des circonstances mentalement difficiles de leur travail, Dre Perreault s’explique mal qu’on prescrive encore le Lariam aux militaires canadiens. « En Grande-Bretagne, ça fait des années qu’on ne le donne plus aux militaires. C’est un dossier sur lequel on est un peu en retard au Canada. »

Ayant elle-même beaucoup voyagé, Dre Perreault a toujours refusé de prendre du Lariam. « Jamais de la vie! Vous avez des solutions de rechange et elles sont très souhaitables. »

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