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Catherine Perrin
Audio fil du lundi 11 septembre 2017

Quand la libido fout le camp

Publié le

Le désir et l'amour, des phénomènes aussi biologiques que psychologiques
Le désir et l'amour, des phénomènes aussi biologiques que psychologiques   Photo : iStock

Malgré une époque où le sexe est omniprésent, les sexologues remarquent une recrudescence de cas de perte de libido, un phénomène qui touche de plus en plus les jeunes. Lili Boisvert, journaliste pour Urbania, Maxime-Olivier Moutier, écrivain et psychanalyste, ainsi que Sylvie Lavallée, sexologue, dénoncent une sexualité troublée parce que de plus en plus valorisée en fonction de la quantité au lieu de la qualité.

« Il vaut mieux avoir des relations sexuelles moins souvent que du sexe fréquent, mais ultraperformatif et insatisfaisant », observe la sexologue et psychothérapeute Sylvie Lavallée. « Je constate moi-même de nombreux cas de baisse de libido chez ma jeune clientèle, à qui j'explique que la qualité de la relation sexuelle est très importante. Le désir et la concupiscence sont parmi les choses les plus belles de la vie, à condition qu’on les cultive patiemment. En multipliant la quantité [de rapports sexuels] sans se soucier de la qualité, on tombe effectivement dans une logique de stricte performance, qui me paraît assez stérile. »

Pas de sexe pendant un an
La journaliste Lili Boisvert a décidé il y a un an de ne plus avoir de relations sexuelles, non par manque de libido, mais pour résister à l’immense pression sexuelle vécue par les gens dans une société hypersexualisée telle que la nôtre. Elle explique ce choix dans une chronique récemment parue dans le magazine Urbania, qui a beaucoup fait jaser. « La sexualité n’est pas un dû, dit-elle. On ne la doit ni aux autres ni à soi, et je voulais montrer qu’il est possible de vivre sans sexe, même si la pression sociale est forte. On vit à une époque où le discours sur la sexualité est jovialiste : on en parle comme si la sexualité était toujours émancipatrice et positive, et il est interdit d’aborder les aspects moins reluisants ou moins réussis de sa sexualité. Je crois qu’il faut prendre un pas de recul, car ce discours enlève de la liberté dans nos sexualités et impose une sexualité omniprésente et performative, mais pas toujours satisfaisante. »

La journaliste Lili Boisvert
La journaliste Lili Boisvert Photo : Radio-Canada/Philippe Couture

Le sexe, une histoire de corps et d’esprit
L’écrivain et psychanalyste Maxime-Olivier Moutier formule une autre analyse. Il avance qu’une sexualité dénuée de sentiments ou une sexualité anonyme réalisée avec un partenaire avec lequel on n’a pas développé une certaine relation, sera généralement insatisfaisante. « On perd souvent de vue l’idée que la sexualité n’est pas une affaire strictement biologique. Le désir sexuel est un phénomène qui engage l’être humain de manière charnelle, mais aussi psychologique et émotive. »

L'écrivain et psychanalyste Maxime-Olivier Moutier dans le studio 18 de Radio-Canada
L'écrivain et psychanalyste Maxime-Olivier Moutier Photo : Radio-Canada/Philippe Couture

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