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Jhade Montpetit
Audio fil du samedi 23 septembre 2017

Naomi Fontaine revient aux sources avec Manikanetish

Publié le

Naomi Fontaine
Naomi Fontaine   Photo : Kizzy Estevez

Après Kuessipan, en 2011, l'auteure innue d'Uashat, Naomi Fontaine, signe un second roman intitulé Manikanetish. Le titre désigne une « petite marguerite ». C'est aussi le nom de l'école dans laquelle elle a enseigné le français. En entrevue à l'émission Les Malins, elle revient sur son expérience auprès des élèves de sa communauté.

Un texte d'Agnès Chapsal

Naomi Fontaine est née à Uashat, une réserve située à Sept-Îles. Elle a grandi à Québec et a fait ses études à l'Université Laval. Elle est revenue dans sa communauté 15 ans après l'avoir quitté. Le retour fut difficile. Partagée entre deux cultures, la romancière était soucieuse d'être réintégrée.

« Il a fallu que je réapprenne à vivre dans ma communauté et que je réapprenne les codes », précise-t-elle. « C’est une autre culture et c’est une autre vision de la vie. »

On va se le dire, une réserve, c'est un lieu cloisonné, c’est un peu comme un ghetto et c’est un peu difficile d’en sortir et d’y entrer.

l'auteure Naomi Fontaine
Manikanetish, le deuxième roman de Naomi Fontaine, sera publié début septembre 2017 chez Mémoire d'encrier.
Manikanetish, le deuxième roman de Naomi Fontaine, sera publié début septembre 2017 chez Mémoire d'encrier.   Photo : Mémoire d'encrier

L'auteure, qui a enseigné pendant trois ans le français à des élèves de secondaire 3 et 5 de la réserve d’Uashat, s'est directement inspirée de son expérience pour écrire son roman.

« J’ai enseigné à ses jeunes et ce qui venait me chercher, ce sont toutes les épreuves qu’ils ont à franchir », explique-t-elle.

J’avais le goût de dire : "Arrêtez de prendre sur vous et de porter tous les préjugés qu’il y a sur vous".

Naomi Fontaine, romancière, auteure de « Kuesippan » et « Manikanetish »

Après avoir demandé la permission à ses élèves et s'être assurée qu'ils soient en accord avec sa démarche, elle s'est inspirée de leur expérience et a modifié leurs noms pour en faire ses personnages.

Naomi Fontaine espère qu'à l'avenir, le travail et les efforts des élèves innus soient davantage reconnus.

« Je suis épatée par leur force et leur détermination », confie-t-elle.

En 2011, la romancière avait signé Kuessipan, un tout premier roman salué par la critique, et notamment par l'écrivain devenu académicien Dany Laferrière.

« C’est une invitation à une fête étrange : le simple déroulement de la vie quotidienne », a écrit M. Laferrière. « La peinture est si directe qu’elle semble naïve jusqu’à ce qu’on comprenne qu’elle suit plutôt la vieille règle classique de la ligne droite. Des observations dures. Des joies violentes. Une nature rêche. Pas d’adjectif. Ni de larmes. C’est le livre d’un archer qui n’a pas besoin de regarder la cible pour l’atteindre en plein coeur. Mon coeur. »

Manikanetish de Naomi Fontaine, Mémoire d’encrier, Montréal, 2017, 140 pages

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