Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Stéphane Garneau
Audio fil du mercredi 15 mars 2017

Florent Vollant : retrouver l’Innu en soi

Publié le

L'auteur-compositeur-interprète Florent Vollant
L'auteur-compositeur-interprète Florent Vollant   Photo : Radio-Canada / Alexandre Leclerc

« Une famille réconfortante autour d'un feu, sous la neige, il n'y a rien de plus chaleureux que ça, même quand il fait moins 40. » Comme plusieurs enfants innus du Labrador dans les années 1960, Florent Vollant a dû quitter ses parents très jeune pour recevoir une éducation religieuse à Maliotenam. Le musicien raconte son parcours à Franco Nuovo et décrit l'évolution de la tradition nomade chez les Innus.

À 4 ans, il pensait partir en voyage
Dans les années 60, il était fréquent d’emmener les enfants innus du Labrador vers Maliotenam, près de Sept-Îles, pour leur offrir un meilleur avenir. « On a dit aux parents que plus jamais les enfants n’auraient faim, plus jamais ils n’auraient froid. » On leur promettait qu’ils seraient pris en charge, qu’on en ferait des médecins et des avocats.

Pourtant, je n’avais pas froid et faim avec mes parents. J’ai eu froid au pensionnat en béton, j’ai eu faim et j’ai eu peur.

Le musicien et chanteur Florent Vollant

Les ravages du déracinement
« Mes parents ont été déresponsabilisés. Ils étaient dépassés parce qu’ils connaissaient plus ou moins ce qu’on était en train de vivre. Ils sont devenus alcooliques. Ça a été la déchéance, ils n’avaient plus à se lever pour travailler et subvenir aux besoins de leur famille. »

Croire à la bonne volonté des autorités
Florent Vollant n’est pas amer. Il comprend pourquoi on laissait partir les enfants à des centaines de kilomètres des grands espaces auxquels ils étaient habitués. « Pour mes grands-parents, il fallait écouter ceux qui portaient la parole de dieu. Ils détenaient la vérité. Ils nous confiaient à des gens en qui ils avaient confiance. Mes parents étaient plus croyants que ceux qui venaient leur enseigner [la religion]. C’est très fort, la spiritualité, chez les Innus. »

Selon les historiens, quand les Innus ont été appelés à rencontrer les premiers étrangers, ils demandaient à rencontrer le prêtre, le chef spirituel. Pour eux, c’était comme le chaman. C’est pourquoi ils avaient cette grande croyance.

Du positif dans le négatif
Florent Vollant se rappelle qu’en étant bon à l’école, c’était plus facile d’avoir une enfance heureuse et de ne « pas avoir de trouble avec eux autres ». Selon lui, les religieux étaient de très bons professeurs, qui avaient la vocation. « J’ai appris à lire et à écrire. J’ai appris la musique aussi. Les chants d’Église et les chants grégoriens, ça me fascinait. »

Citation du musicien innu Florent Vollant : « La langue innue meurt, car elle manque d'espace. »
Citation du musicien innu Florent Vollant   Photo : Image tirée du vidéoclip Manuanik

Chargement en cours