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Patrick Masbourian
Audio fil du jeudi 19 octobre 2017

Harcèlement sexuel : comprendre notre responsabilité collective

Publié le

Une femme victime de harcèlement sexuel au bureau.
Une femme victime de harcèlement sexuel au bureau.   Photo : iStock

« Il y a beaucoup de gens qui se moquaient un peu de la culture du viol, et là, franchement, de façon très tragique, on se rend compte que ça existe », note Ryoa Chung, professeure au Département de philosophie de l'Université de Montréal. Selon elle, le harcèlement sexuel est un problème systémique dans nos sociétés et il est révélateur d'une réalité profondément ancrée.

Une chose est certaine : cette culture systémique qui permet le harcèlement, qui permet les agressions, qui tolère les agressions et qui tait ces choses-là est en fait le produit de paramètres socioculturels.

Ryoa Chung, professeure de philosophie

Ryoa Chung, qui s’intéresse depuis longtemps aux études et perspectives féministes, est d’avis que, pour mieux comprendre notre responsabilité collective par rapport au harcèlement sexuel, il est important de déterminer quelles sont les causes structurelles qui mènent aux situations déplorables et inacceptables auxquelles nous assistons aujourd’hui.

Il faut se rendre compte que dans les structures hiérarchiques, au travail, en politique, partout à travers les couches de notre société, ce sont les hommes qui ont plus facilement accès à des positions d’autorité, et forcément, ce sont des femmes en situation de précarité ou de subordination qui sont les plus vulnérables.

Ryoa Chung, professeure de philosophie

Ryoa Chung n’adhère pas du tout à la conception essentialiste voulant que les femmes et les hommes soient différents et que ces derniers soient génétiquement prédisposés à devenir des agresseurs, par contre, elle fait remarquer qu’il ne faut pas sous-estimer la prégnance du déterminisme social au sein de la société.

C'est ce déterminisme social qui inculque à certains hommes, pour ne pas dire à beaucoup d’hommes, l'idée saugrenue selon laquelle il est permis « de se comporter de façon absolument inappropriée à l’égard des femmes », dit la professeure en philosophie.

L'éducation, la clé
Si le portrait de la situation est plutôt sombre pour le moment, Ryoa Chung garde tout de même bon espoir pour les années à venir. La campagne internationale de dénonciations à laquelle nous assistons aujourd’hui est un pas dans la bonne direction. L’évolution des mentalités, dans l'avenir, passera essentiellement par l’éducation, selon elle.

« Espérons qu’à travers l’éducation de nos enfants, de nos petites filles et de nos petits garçons, on va finalement voir la lumière au bout du tunnel. »

Selon Ryoa Chung, la lutte contre le harcèlement sexuel est un travail collectif. « Il faut vraiment beaucoup plus de vigilance. […] Il faut être vigilant là où il y a des structures d’inégalités très profondes », dit-elle. Pour réussir, il est impératif que les législateurs, les éducateurs, les administrateurs et les employeurs, entre autres, fassent de ce combat une priorité.

Il faut aussi condamner le système des facilitateurs […], les personnes qui ne sont pas intervenues tout en sachant que, derrière les portes closes, ça s’est produit.

Ryoa Chung, professeure de philosophie

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