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Patrick Masbourian
Audio fil du mercredi 11 octobre 2017

Les dommages de la violence faite aux chauffeurs d'autobus

Publié le

Un autobus de la STM fait un arrêt devant le parc Soeur-Madeleine-Gagnon, à Montréal, en été.
Un autobus de la STM fait un arrêt devant le parc Soeur-Madeleine-Gagnon, à Montréal, en été.   Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne

Accepteriez-vous de vous faire insulter, frapper ou cracher au visage au travail? C'est la réalité à laquelle sont confrontés de nombreux chauffeurs d'autobus, révèle une récente étude menée à Montréal. On y apprend que près du tiers des accidents de travail impliquant des chauffeurs de la Société de transports de Montréal (STM) sont liés à des actes violents, qui entraînent de lourdes conséquences psychologiques.

Pour comprendre les effets psychologiques de cette violence, des chercheurs de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM) et de l’Université de Montréal (UdeM), en collaboration avec la STM, ont suivi pendant un an 118 chauffeurs victimes ou témoins de violence, explique Stéphane Guay, directeur du Centre d'études sur le trauma à l'IUSMM.

Sur 361 accidents de travail déclarés chaque année par les 3500 chauffeurs de la STM, près de 30 % concernent des actes de violence.

Les chercheurs ont constaté que la violence verbale et physique était monnaie courante dans le quotidien des chauffeurs, explique Stéphane Guay.

On parle ici de violences physiques qui peuvent être de l’ordre d’un coup de poing tout à fait gratuit. Ça peut être de l’ordre d’une menace de mort ou de blessures. Ça peut aussi être de briser ou de donner un coup de pied sur la boîte à l’entrée.

Stéphane Guay, directeur du Centre d'études sur le trauma à l'IUSMM

De nombreux chauffeurs se font même cracher dessus. « Je peux vous dire que c’est une des choses qui sont les plus bouleversantes pour les chauffeurs », dit Stéphane Guay.

Si des chauffeurs sont victimes de gestes violents de la part de certains usagers du transport en commun, ils sont aussi la cible de certains automobilistes.

Un autobus de la STM s'arrête devant des usagers à Montréal, en été.
Un autobus de la STM s'arrête devant des usagers à Montréal, en été. Photo : Radio-Canada/Luc Lavigne

Conséquences psychologiques
La violence verbale et physique dont les chauffeurs font l’objet peut mener à l’épuisement professionnel ou à un désintéressement envers la profession, révèle l’étude.

Le document mentionne aussi que 60 % des répondants disent présenter un état de stress aigu dans le mois suivant un incident violent. La détresse psychologique que vivent les chauffeurs est liée, entre autres, à une diminution du sentiment de sécurité au travail et de la confiance en leurs capacités à gérer les situations de violence.

Manque de soutien
S’ils disent se sentir soutenus par leurs collègues de travail, les chauffeurs victimes de violence affirment du même souffle que leur employeur pourrait en faire un peu plus pour les appuyer et assurer leur sécurité, explique Stéphane Guay.

Lorsqu’un événement violent survient, il serait souhaitable, par exemple, que le chef d’opération, tenu au courant de l’agression par le chauffeur, se présente immédiatement sur place afin de l’épauler et de lui apporter un soutien psychologique.

Au moment de l’étude, entre octobre 2012 et décembre 2015, les autobus de la STM n’étaient pas munis de caméras de surveillance. La situation a cependant changé. « Actuellement, 100 % des autobus qui voyagent de soir ou de nuit sont équipés de caméras, et environ 50 % de ceux qui voyagent de jour », indique Stéphane Guay.

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