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Animatrice Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 16 avril 2017

Les défis de santé publique en vue de la légalisation du cannabis

Publié le

Légalisation de la marijuana
Un homme fume un joint   Photo : iStock

Le large mandat délégué aux provinces est « certainement une des failles du projet de loi [sur la légalisation du cannabis] actuel », selon Pierre Brisson, membre du comité de rédaction de la revue Drogues, santé et société. L'incertitude entourant la capacité des provinces à investir en prévention est pour l'instant inquiétante.

En revanche, l’expert en toxicomanie félicite le groupe de recherche mis en place par le gouvernement libéral d’avoir présenté un modèle de mise en marché mixte qui respecte la liberté d’entreprise tout en imposant des restrictions sur la publicité et l’emballage, entre autres. « [Il] a fait un excellent travail en évitant le modèle commercial très laxiste des États-Unis et le modèle plus serré et contraignant de l’Uruguay. »

Tout ceci ne doit tout de même pas être pris au pied de la lettre, d’après lui, puisque le texte du projet de loi peut changer d’ici à la date prévue de sa mise en application, en juillet 2018.

Légaliser sans promouvoir
« [L’Institut national de santé publique du Québec] recommande un système à but non lucratif de distribution dont l’esprit est de donner accès au cannabis sans en faire la promotion », déclare François Gagnon, un des chercheurs de l’Institut. En effet, la légalisation de la substance elle-même n’aura probablement pas d’effets sur les niveaux de consommation, mais un marché dérégulé et envahissant pourrait les faire augmenter.

La mise en place de ce modèle passe par trois initiatives, selon François Gagnon : la possibilité de produire son cannabis à domicile pour contourner le système commercial, l’implantation de coopératives d’usagers et l’ajout, dans les points de vente, de programmes de prévention – par exemple, avertir les clients lorsqu’ils approchent une limite mensuelle auto-établie.

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