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Animatrice Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 29 janvier 2017

Les faits alternatifs : quand les yeux et le cerveau ne s’entendent pas

Publié le

Un drapeau pour l'inauguration de Donald Trump en tant que 45e président des États-Unis flotte devant le Congrès.
Un drapeau pour l'inauguration du président Donald Trump flotte à Washington.   Photo : Getty Images / Drew Angerer

Lorsque des événements remettent en cause leurs valeurs et leur perception du monde, les humains ont tendance à interpréter et à justifier les faits plutôt qu'à les accepter tels qu'ils sont, selon le philosophe Serge Robert. Ce phénomène est à l'origine des fameux faits alternatifs ou, comme il préfère dire, l'interprétation alternative des faits.

Comment expliquer que les fausses nouvelles et les faits alternatifs provenant de la nouvelle administration américaine trouvent un écho parmi la population? La science se penche ces temps-ci sur cette question épineuse et aux conséquences énormes, relate le reportage du journaliste Richard Massicotte.

Il n’y a pas de faits alternatifs, mais il y a une interprétation alternative des faits.

Serge Robert

L’apprentissage et la cognition se font à plusieurs niveaux, ajoute Serge Robert. Il y a d’abord l’observation des faits, qui est suivie de l’explication de ceux-ci par le cerveau, puis de leur justification basée sur les croyances.

« La dissonance cognitive, c’est quand il y a une incohérence entre les faits et l’explication ou entre l’explication et la justification », résume le philosophe de l’Institut des sciences cognitives de l’Université du Québec à Montréal. Lorsqu’une telle contradiction apparaît, l’humain est plus porté à accorder de l’importance à ses croyances qu’à son observation. C’est pourquoi les partisans de Donald Trump croient ce dernier quand il dit que son inauguration a battu des records, même si les images aériennes montrent une foule clairement plus petite que celle présente à l’événement de 2009 lors duquel Barack Obama a accédé au pouvoir.

Les réseaux sociaux, entre médias de masse et intérêts économiques
On assiste également aujourd’hui aux conséquences de l’accession rapide des réseaux sociaux au titre de « média de masse », selon Jonathan Roberge, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les nouveaux environnements numériques et l’intermédiation culturelle. Leur modèle d’affaires, qui est de « personnaliser le contenu pour garder l’utilisateur [sur le site] », empêche les réseaux sociaux d’offrir aux utilisateurs « une expérience journalistique comme celle des grands médias [traditionnels]. » Il est donc possible d’y trouver des nouvelles et des informations manipulées.

Les médias sociaux n'ont pas inventé la division de la société américaine, mais ils l'ont franchement amplifiée.

Jonathan Roberge

La technologie permet déjà une vérification des faits, grâce à laquelle les utilisateurs peuvent signaler les contenus mensongers. Il reste à voir quelles entreprises sont prêtes à l’appliquer à leurs contenus, ajoute Jonathan Roberge. Celles-ci doivent jongler entre « la techno-utopie » de gauche issue de la Silicon Valley et leur réalité capitaliste. Ce flou a permis la prolifération des fausses nouvelles qui auraient, en partie, permis à Donald Trump d’accéder à la Maison-Blanche.

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