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Yanick Villedieu
Audio fil du dimanche 27 novembre 2016

La dépendance au numérique affecte jeunes et moins jeunes

Publié le

Trois personnes, côte-à-côte sur un divan, regarde leur ordinateur.
Sommes-nous accros à Internet?   Photo : iStock / iStock/Katarzyna Bialasiewick

L'utilisation intensive d'Internet n'est pas seulement une habitude répandue. Chez certains, on peut désormais parler d'une dépendance qui s'accompagne de problèmes inquiétants, comme une baisse de la confiance en soi, une incapacité à socialiser dans le monde réel, voire une dépression, relate la journaliste Myriam Fimbry dans un reportage diffusé aux Années lumière.

L'incapacité de faire un choix et l’ignorance de son propre problème sont deux facteurs qui caractérisent une personne dépendante, selon Lucia Romo, professeure de psychologie clinique à l’Université Paris Nanterre. C’est vrai pour le tabac, l’alcool et les jeux de hasard, mais aussi pour les jeux en ligne, les réseaux sociaux et les autres utilisations que les humains font du web.

Ce qui m’inquiète, c’est la place prépondérante que prend ce genre de loisirs sur toute autre forme de loisirs ou de passe-temps.

Line, mère d’enfants de 18 et 21 ans

Un problème chez les adultes et les enfants

La psychologue Magali Dufour, directrice des programmes de maîtrise en intervention en toxicomanie à l’Université de Sherbrooke, déclare que, chez des jeunes de 15 et 16 ans qui ont suivi un traitement à cause de leur dépendance au web, environ les deux tiers estiment avoir perdu le contrôle et souffrent de problèmes d’estime de soi. D’autres statistiques récoltées auprès de 4000 élèves québécois de 14 à 17 ans montrent que 1,3 % des jeunes sont cyberdépendants.

Tout ceci peut entraîner des retards de socialisation qui pourraient s'exprimer, à l’âge adulte, par des problèmes à intégrer le marché de l’emploi. Magali Dufour parle de gens qui « ont une scolarité qui leur permettrait d’avoir un travail, mais […] qui vivent encore chez leurs parents avec des revenus de moins de 20 000 $ alors qu’ils sont au début de la trentaine ».

[Les jeunes d’aujourd’hui] sont pratiquement nés avec ça. Ils ont grandi avec Internet, ils ont des comptes Facebook depuis qu’ils ont 9, 10 ou 11 ans…

Christian, coordonnateur dans une maison de jeunes

Un phénomène encore nouveau

La cyberdépendance n’est pas encore une pathologie reconnue, et les spécialistes de la question ont l’humilité d’admettre que c’est un domaine d’étude nouveau pour lequel on a peu de recul, explique Myriam Fimbry.

Malgré tout, la sociologue Sylvia Kairouz, qui dirige le laboratoire de recherche sur les habitudes de vie et les dépendances de l’Université Concordia, estime que les nouvelles technologies changent notre façon de communiquer, modifiant au passage notre vie de tous les jours. Sans vouloir dramatiser ou généraliser, elle indique qu’une de ses préoccupations, c’est la possibilité de voir de plus en plus de gens être incapables de s’investir dans le « réel ».

On n'a plus besoin de retenir quoi que ce soit. Je sais à peine mon numéro de téléphone! On régresse, à mon avis.

Michel, ergothérapeute en santé mentale

Les témoignages en exergue dans cet article ont été recueillis par Myriam Fimbry lors de la conférence « Addict au numérique » au Cœur des sciences de l’Université du Québec à Montréal.

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