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Animatrice Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 16 avril 2017

L'Avro CF-105 Arrow, un avion d'exception abandonné par le Canada

Publié le

Une reproduction de l'Avro CF-105 Arrow est dévoilée en 2006, au Toronto Aerospace Museum, fermé depuis 2011.
Une reproduction de l'Avro CF-105 Arrow est dévoilée en 2006, au Toronto Aerospace Museum, fermé depuis 2011.   Photo : Reuters / JP Moczulski

En 1957, l'Avro CF-105 Arrow sort du garage pour ses premiers tours de piste. Pourtant, en 1959, l'avion est mis au placard par le premier ministre canadien de l'époque, John Diefenbaker. Un projet arrêté qui aurait causé la perte de plus de 30 000 emplois, comme nous le raconte Marc-André Valiquette, auteur d'une série d'ouvrages sur le sujet : L'anéantissement d'un rêve.

Un avion d’exception pour le Canada
Le Canada se trouve sur le chemin de la Russie dans le contexte d’un potentiel affrontement mondial qui couve durant la guerre froide. C’est ce qui pousse les Canadiens à investir dans un avion d’interception destiné à détruire les bombardiers russes.

Entre le cahier des charges et les premiers tours du moteur de l’Avro CF-105 Arrow, seulement quatre ans s’écoulent. Certes, sa première sortie ne fait pas les manchettes, à cause du premier satellite russe Spoutnik mis en orbite. Mais les rapports des pilotes montrent que l’avion a du potentiel : il atteint facilement la vitesse de Mach 2, soit 2450 km/h à 15 240 mètres (50 000 pieds) d’altitude.

Un arrêt brutal aux conséquences durables
« Avec le sixième prototype, on s’attendait à obtenir l’avion le plus puissant du monde », raconte Marc-André Valiquette. Mais le premier ministre canadien met définitivement un terme au projet le 20 février 1959. Dans la grande région de Toronto (où l’avion est produit), le choc est total. Quelque 13 500 personnes perdent leur emploi dans la journée. Dans le reste du Canada, pas moins de 25 000 emplois liés à des contracteurs sont aussi concernés. Mais pour quelle raison ce projet d’envergure a-t-il connu un coup d’arrêt?

Selon Marc-André Valiquette, on voit bien, grâce aux différents mémos gouvernementaux de l’époque qui ont été retrouvés, que « le pouvoir canadien en place ne comprenait pas grand-chose à la haute technologie ». Les cinq avions produits sont finalement détruits. Mais certains pensent que l’un d’eux existerait encore. « J’aimerais qu’on le trouve. Mais il y a peu de chances », dit Marc-André Valiquette.

Au-delà des conséquences directes sur les emplois de ce secteur à l’époque, l’abandon de l’Avro CF-105 Arrow a fait prendre un retard considérable à l’industrie canadienne aéronautique, croit Marc-André Valiquette. L’expert estime qu’une entreprise de la taille d’Airbus aurait pu naître au Canada si le gouvernement d'alors avait soutenu ce projet ambitieux.

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