Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Le 21e

Michel Lacombe

Audio fil du lundi 9 octobre 2017

À l'émission du lundi 9 octobre 2017

L'hydrogéomorphologue Pascale Biron dit que le Québec est mal préparé  pour faire face aux inondations.
L'hydrogéomorphologue Pascale Biron dit que le Québec est mal préparé pour faire face aux inondations. Photo : Université Concordia/Université Concordia

Contrairement à certains pays européens ou à d'autres provinces canadiennes, le Québec accuse un retard en matière de gestion des inondations, souligne Pascale Biron, professeure au Département de géographie à l'Université Concordia, au micro de Michel Lacombe. Au moment où les scientifiques prédisent que les événements météorologiques extrêmes iront en croissant dans les années à venir, il est fondamental que le public et les autorités prennent conscience de la nécessité d'agir.

Cette meilleure gestion passe, entre autres, par l'arrêt des constructions en zones inondables.

« Il y a une réelle urgence, ne serait-ce que par principe de précaution, de gérer l’imprévisible. Continuer à bâtir comme si rien ne changeait, c’est vraiment un problème. […] On veut continuer à développer et à avoir une économie productive au maximum sans penser qu’il y a des conséquences », déplore l'hydrogéomorphologue.

Pascale Biron dit comprendre l’attachement des propriétaires qui ont une résidence construite à proximité d’un cours d’eau. Elle n’en demeure pas moins catégorique : il est impératif, selon elle, de ne plus bâtir d'habitations en zones inondables.

Il n’est pas facile de changer les mentalités, concède Pascale Biron. Ce travail doit pourtant être fait dans les années à venir. Cela est d’autant plus vrai que les changements climatiques engendreront de plus en plus de catastrophes naturelles, comme des inondations majeures.

« C’est sûr que si on parle à ces résidents-là, si on parle aux maires de municipalités en bordure de rivières, ils vont toujours vouloir des dérogations. Mais ce n’est peut-être pas la décision pour le futur qui est la plus heureuse. C’est là qu’une perspective plus globale est requise », dit l'hydrogéomorphologue.

Michel Lacombe rencontre la géographe Pascale Biron

Un déni par rapport aux inondations

Bien évidemment, les autorités gouvernementales ont un rôle prépondérant à jouer. « C’est là qu’un gouvernement doit prendre de son côté des décisions responsables pour l’ensemble de la société », indique Pascale Biron.

Or, on assiste au Québec depuis de nombreuses années à une sorte de déni par rapport aux inondations, avance la scientifique, qui déplore l’absence d’un plan d’action concret en matière de gestion des inondations.

« Si on était en mode un peu plus proactif, on aurait d’abord un programme, une cartographie des zones inondables sur l’ensemble du territoire mise à jour. Ça serait dans la routine gouvernementale de s’assurer qu’on connaît bien les risques », fait-elle remarquer.

Si des pays comme la Grande-Bretagne et la France et des provinces canadiennes comme l’Ontario ont compris depuis longtemps l’importance de cartographier les zones inondables, on ne peut pas dire qu’il en va de même dans la Belle Province, où des lacunes importantes existent dans ce domaine.

Selon Pascale Biron, le gouvernement devrait faire de la cartographie des zones inondables une priorité. « On a la science. Il faut juste avoir la volonté politique. Évidemment, il faut mettre le financement adéquat pour que ça se produise, mais on a la connaissance », dit-elle.

Chargement en cours