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Annie Desrochers
Audio fil du lundi 13 novembre 2017

Difficile pour les élus municipaux défaits de se trouver un emploi

Publié le

Une main dépose un bulletin de vote dans une urne.
Quelque 470 bureaux de vote seront ouverts dimanche.   Photo : iStock

Pour bien des élus sortants qui ont été défaits aux élections municipales, trouver un nouvel emploi sera tout un défi. La plupart d'entre eux ne pourront tout simplement pas continuer à exercer leur ancien métier et devront faire des pieds et des mains pour se faire embaucher.

C’est le cas notamment de la mairesse sortante de Châteauguay, Nathalie Simon. Elle ne peut pas redevenir journaliste, car son passage en politique la place en situation de conflit d’intérêts. « Qu’est-ce que je veux faire? se demande-t-elle. J’ai un peu perdu mes repères. »

De son côté, l’ancien conseiller municipal de Montréal Carl Boileau a dû consulter un orienteur lorsqu'il a quitté la politique, il y a quelques années, pour trouver une nouvelle carrière : « Quand tu fais de la politique depuis très longtemps, tu deviens pas mal dépendant de tes réseaux politiques. Et ça, je trouve ça triste. »

L’ex-politicien est aujourd’hui horticulteur, et il ne regrette pas d’avoir coupé tous les ponts avec la politique.

Une allocation de transition, mais pas d’assurance-emploi

La loi prévoit que s’ils ont cumulé au moins deux années de service comme élus, les politiciens ont droit à une allocation de transition. Celle-ci équivaut à deux semaines de rémunération par année de service, jusqu’à concurrence de 52 semaines.

Ils n’ont toutefois pas droit aux prestations d’assurance-emploi, car ils n’y cotisent pas pendant leur mandat.

L’ancienne conseillère municipale dans Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles Cindy Leclerc n’a pas eu droit à cette allocation. Élue à la suite d’une élection partielle, elle est restée en poste pendant seulement un an.

Il lui a fallu six mois pour trouver un nouveau travail.

Elle déplore que l’expérience en politique ait peu de valeur aux yeux de bien des employeurs : « Souvent, dans une entrevue, on veut tout simplement éviter le sujet. Les gens voient le mot "politique" et ça les intéresse plus ou moins. » Cindy Leclerc croit au contraire que l’expérience en politique est un grand atout pour un travailleur.

Le président de l’Union des municipalités du Québec, Alexandre Cusson, souligne quant à lui que les gens qui se lancent en politique sont bien au courant de ce qui les attend à la fin de leur carrière. « Il faut planifier en conséquence », dit-il.

Une association d'anciens élus municipaux a d’ailleurs vu le jour il y a moins d'un an afin d’aider les politiciens à se trouver du travail à la fin de leur mandat.

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