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Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 22 novembre 2017

Bracelets électroniques pour itinérants : une innovation qui ne fait pas l'unanimité

Publié le

Un itinérant dort à l'extérieur.
Un itinérant dort à l'extérieur.   Photo : CBC

La médecin de famille Anne-Sophie Thommeret-Carrière, qui travaille auprès des populations vulnérables et en situation d'itinérance, est totalement contre l'idée d'offrir aux itinérants des bracelets électroniques pour permettre aux passants de leur faire des dons à l'aide de leur téléphone intelligent.

Ces bracelets électroniques ont été créés par une entreprise montréalaise qui souhaite les tester sur le terrain l’été prochain. Dans un article publié dans le quotidien Le Devoir, le créateur de l'objet affirme que son invention facilitera les dons aux sans-abris. Il précise également que l'argent virtuel accumulé dans le bracelet pourra être échangé contre certains produits dans les commerces, mais pas contre de l'alcool.

Anne-Sophie Thommeret-Carrière a publié mercredi dans le même quotidien une lettre ouverte cosignée par des dizaines de personnes, dans laquelle elle critique l'invention montréalaise.

« On nous présente ça comme une innovation dans la lutte à l’itinérance, mais en fait, je trouve que c’est une innovation qui veut répondre aux problèmes des gens qui donnent de l’argent, comme ceux qui n’ont pas de monnaie ou qui se sentent coupables de ne pas savoir à quoi va servir l’argent qu’ils donnent », affirme-t-elle en entrevue au 15-18.

La médecin estime également que les bracelets brimeront la vie privée des itinérants, car ils fourniront toute sorte d’information à ceux qui font des dons. Les donateurs pourront par exemple voir sur leur téléphone intelligent le nom de la personne sans-abri ainsi que son parcours de vie. « C’est un désir maladroit d’entrer en contact avec ces gens-là, soutient-elle. Comme si on essayait d’échanger un don contre une histoire touchante. Ces gens-là sont accessibles, on peut leur dire bonjour, leur poser des questions. »

Ça amène beaucoup de stigmatisation et de contrôle sur ces populations qui sont déjà exclues de la société.

Anne-Sophie Thommeret-Carrière, médecin

La médecin aurait souhaité que les populations concernées soient consultées avant d'entreprendre la création du bracelet.

« Ce n’est pas parce qu’un itinérant refuserait de porter un tel bracelet qu’il refuse de s’en sortir, de se réinsérer socialement », tient-elle à préciser.

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