Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Annie Desrochers
Audio fil du mardi 26 septembre 2017

Face à Trump : le manque d'engagement politique des joueurs de la Ligue nationale de hockey

Publié le

Sidney Crosby
Sidney Crosby   Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Gene J. Puskar

Selon Benoît Mélançon, professeur titulaire au Département de littérature de langue française de l'Université de Montréal, il y a des raisons historiques au fait que les joueurs de hockey ne sont pas nombreux à prendre position, au contraire de nombreux sportifs, dans la controverse entourant le respect de l'hymne national par les joueurs professionnels de football américain.

Lors d’un discours prononcé en Alabama vendredi 22 septembre, Donald Trump s’en est pris aux athlètes qui s’agenouillent lors de l’hymne national afin de dénoncer les violences policières contre les Noirs : « N’aimeriez-vous pas voir un des propriétaires de la Ligue nationale de football (NFL) dire, quand quelqu’un manque de respect à notre drapeau : “Sortez cet enfant de chienne du terrain. Dehors! Il est renvoyé” », a-t-il alors déclaré.

Les joueurs de la Ligue nationale de hockey (LNH) qui se sont exprimés au sujet du conflit qui oppose plusieurs joueurs de la NFL à Donald Trump ont plutôt pris position en faveur de la Maison-Blanche. Sidney Crosby, des Penguins de Pittsburgh, a notamment indiqué que si le président américain l’invitait, il appuierait son équipe et se rendrait à la Maison-Blanche. Auston Matthews, des Maple Leafs de Toronto, de son côté, estime que s’agenouiller durant l’hymne américain est un manque de respect envers les militaires, qui « se battent pour le drapeau ».

Un son de cloche discordant a cependant résonné du côté des Jets de Winnipeg. Un membre de l’équipe, Blake Wheeler, a dit sur Twitter que ces manifestations durant l’hymne américain étaient « littéralement les principes sur lesquels les États-Unis avaient été fondés ».

Une frilosité historique
Benoît Mélançon soutient que les joueurs de hockey ont eu durant longtemps le même profil. Ils venaient d’un lieu reculé, s’entraînaient sur la glace chez eux pour rejoindre ensuite la LNH. « Ils étaient tous canadiens, pas toujours éduqués », explique-t-il. L’engagement politique n’a jamais été une tradition des hockeyeurs professionnels, selon ses dires. Il souligne notamment que Maurice Richard s’est opposé à l’établissement d’un syndicat des joueurs, durant sa carrière.

Selon Benoît Mélançon, les hockeyeurs professionnels ne sont plus les mêmes qu'au début de la LNH, mais leur comportement n’a pas changé : « Ils ont la même frilosité, la même crainte de susciter la controverse. » De plus, la plupart des joueurs de hockey sont blancs, ce qui ne permet pas à des figures issues de la diversité de prendre position. Au contraire, il y a dans la NFL, selon lui, « des grandes gueules », des joueurs qui prennent position, comme Colin Kaepernick.

L’implication des joueurs de hockey se fait beaucoup plus au communautaire, selon Benoît Mélançon : « Ils sont présents dans leurs communautés, mais refusent la polémique, l’affrontement, la discussion. On ne les entend pas dans les crises politiques. Ceux qu'on entend, [ce sont les] Auston Matthews [et leurs] banalités. »

Chargement en cours