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Annie Desrochers
Audio fil du lundi 5 février 2018

Elle a vécu le rejet au Liban en raison du divorce de ses parents

Publié le

Une jeune fille assise  au sol et adossée à un mur, dans l'obscurité
Une jeune fille rejetée   Photo : iStock

Joy Akl est née au Liban. Elle vit aujourd'hui au Québec, où elle est travailleuse sociale. Le rejet qu'elle a vécu dans son pays natal est ce qui l'aide à comprendre les jeunes avec qui elle travaille, croit-elle.

Lorsqu’elle a commencé à travailler dans une maison de jeunes à Montréal-Nord, Joy Akl semblait sortie tout droit d’un autre univers. « Tout le monde me regardait et me disait : "Pourquoi Montréal-Nord?" », raconte-t-elle. « Même les gens là-bas me disaient : "Tu n’es pas des nôtres. Tu n’es pas comme nous. Tu ne sais pas c’est quoi être dans le besoin. Tu ne connais pas notre souffrance. »

« Et pour moi, c’était une façon de leur montrer que même si je ne vivais pas exactement ce qu’ils vivaient, j’avais vécu une certaine souffrance comme tout le monde et que j’étais capable de comprendre la leur », ajoute-t-elle.

Cette souffrance, Joy Akl l’a vécue au Liban. « Durant la période où j’étais au Liban, le divorce, c’était mal vu », explique-t-elle. « Mes parents ont été l’un des premiers couples à divorcer. C’est un pays qui est généralement patriarcal, mais c’est ma mère qui a eu la garde. Un deuxième point mal vu. »

Elle a caché la vérité à ses amis, disant que son père partait souvent en voyage d’affaires, mais ses professeurs étaient au courant du divorce. Et ce sont eux qui l’ont le plus intimidée, affirme-t-elle.

Pour moi, sortir de la norme, c’était le quotidien. J’ai été habituée, dès ma jeunesse, à coopérer avec un milieu qui n’était pas heureux avec qui j'étais.

Joy Akl, travailleuse sociale

Joy Akl croit que cette mauvaise expérience qu’elle a vécue l’a rendue empathique. Elle comprend pourquoi certains jeunes tombent dans la délinquance. « Mais même si on sort du cadre social, ça ne veut pas dire qu’on ne réussit pas sa vie », tient-elle à préciser.

Elle donne comme exemple sa propre expérience : « Je fais des actions très acceptables pour la société, mais je n’ai pas eu le parcours que la société aurait voulu que j’aie. »

Montréal en portraits est une chronique hebdomadaire de Meeker Guerrier qui présente des personnalités montréalaises impliquées dans différents domaines. Chaque personne qu'il rencontre lui suggère quelqu'un d'autre à interviewer, de façon à créer une chaîne de rencontres inédites.

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