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Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 1 novembre 2017

Le temps, une invention du 19e siècle

Publié le

Des mains qui tiennent une montre ancienne
Une montre ancienne appartenant à l'horloger Daniel Pelletier   Photo : Radio-Canada / Catherine Contant

Le temps tel que nous le connaissons aujourd'hui est un legs qui nous vient des révolutions industrielles du 19e siècle, affirme Jean-François Nadeau.

« À partir du 19e siècle, en Angleterre, l’heure devient quelque chose de fondamental, et c’est associé au profit », raconte l’historien. L’industrialisation exige alors que les travailleurs se rendent à leur lieu de travail tous en même temps.

C’est ce qui va également conduire à l’invention du réveille-matin, explique Jean-François Nadeau : « Le réveille-matin, c’est très ancien, mais ce n’est qu’au 19e siècle qu’on va le breveter et le répandre. On va alors trouver à bon marché des réveille-matin qui permettent de se torturer pour se réveiller plus vite pour accomplir la journée de travail qu’on nous demande de faire. »

Une exigence ferroviaire

L’avènement du train comme moyen de transport a lui aussi beaucoup contribué à ancrer la mesure du temps dans le mode de vie des gens, indique Jean-François Nadeau. « Il ne s’agit pas seulement que le train arrive à l’heure, mais il faut que les différents convois ne se croisent pas », précise-t-il. Il rappelle qu’un grave accident de train a déjà fait plusieurs morts en Ohio, aux États-Unis, à cause de montres qui étaient mal synchronisées.

« À partir de ce moment-là, les compagnies ferroviaires feront du temps, de la mesure du temps, leur marque de commerce », mentionne Jean-François Nadeau. Il ajoute que ces compagnies iront même jusqu’à breveter leurs propres montres ou à donner leur crédit à des fabricants : « Tout le monde aura alors une montre à gousset qui sera calquée sur celle que les chefs de gare ont. »

Un marqueur social

Même si le temps tel que nous le connaissons existe depuis le 19e siècle, cela fait très longtemps qu’on le mesure, souligne Jean-François Nadeau : « On le voit surtout dans un espace religieux. À quel temps on va prier? À quel moment on va travailler pour rendre gloire à Dieu? »

C’est un signe de vie en commun, d’organisation sociale.

Jean-François Nadeau

Selon l’historien, les premières traces de mesure du temps au Canada remontent à la fondation de Montréal. Jeanne Mance elle-même aurait possédé une petite montre. Des indices montrent également qu’en 1710, un abbé aurait eu une montre de table.

« La première vraie horloge publique qui permet aux gens de savoir à quel moment il y a le marché, à quel moment il y a les rencontres publiques, c’est celle qu’on a installée sur le Séminaire de Saint-Sulpice en 1701 », ajoute Jean-François Nadeau. L'horloge fonctionnait à l'époque avec un moteur mécanique, qu'on a remplacé par un moteur électrique au début du 20e siècle.

L’historien précise que les seules horloges publiques mécaniques qui subsistent aujourd’hui sont celles de l’hôtel de ville de Montréal, de l’hôtel de ville de Westmount et de la tour de l’Horloge de Montréal.

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