Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 11 octobre 2017

L'opium et le peuple, une histoire de racisme

Publié le

Un homme fume l'opium à Montréal, vers 1940.
Un homme fume l'opium à Montréal, vers 1940.   Photo : BAnQ / Conrad Poirier

La crise des opioïdes fait des ravages au Canada. Si les gouvernements se mobilisent aujourd'hui pour combattre ce problème, il fut une époque où le commerce et la consommation de drogues, notamment l'opium, étaient largement tolérés, puis associés à une forme de racisme, explique l'historien Jean-François Nadeau.

Dans un certain nombre de colonies françaises et anglaises, comme le Canada, on finançait une partie du régime colonial grâce au commerce des opioïdes, en l’occurrence l’opium.

Jean-François Nadeau

Plusieurs commerces souvent « peu fréquentables » et majoritairement situés dans le quartier chinois de Montréal vendaient ainsi de l’opium, selon l’historien.

Cette tendance a d'ailleurs progressé jusque dans l’univers du fantastique et du roman. « Chez Sherlock Holmes, qui est le détective rigoureux par excellence, on retrouve des opioïdes de toutes sortes, raconte Jean-François Nadeau. Il les essaie sur lui pour en voir les effets et ne s’en formalise pas; il est en contact avec la police et tout va bien. »

Le chroniqueur ajoute que même la femme du premier ministre canadien John A. Macdonald consommait entre 15 et 20 boulettes d’opium par jour.

L’opium, malaise du peuple
Ce n’est que vers 1905 à Montréal que les autorités ont commencé à s’inquiéter de la consommation d’opioïdes, précise le chroniqueur, mais pas simplement pour des raisons de santé publique.

On veut éradiquer la présence des Asiatiques, jugés comme menaçants à l’époque. C’est la même chose pour les Noirs. La drogue est associée à une structure de racisme et c’est dans une volonté de contrôler ces nouveaux groupes sociaux qu’on va contrôler la drogue.

Jean-François Nadeau

Le chroniqueur ajoute que c’est en raison de cette vision négative associée à la drogue que les mesures d’accompagnement ont tardé à apparaître pour encadrer ce « phénomène certainement présent dans la société qu’on ne peut chasser qu'avec une vue de l’esprit ».

Chargement en cours