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Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 14 février 2018

La peine de mort : de spectacle à honte sociale

Publié le

Image en noir et blanc d'un homme tenant une pancarte sur laquelle on voit le dessin d'un bonhomme pendu
Manifestation contre la peine de mort devant le palais de justice de Montréal, en 1965   Photo : Radio-Canada / Archives Radio-Canada

Pendant plusieurs siècles, les exécutions ont été des spectacles offerts en grande pompe à la population. Il faut attendre les années 1960 et 1970 pour que l'opposition s'organise et vienne à bout de cette pratique qu'elle considère comme honteuse et barbare, explique l'historien Jean-François Nadeau.

À la prison de Bordeaux, construite en 1912, plus de 80 personnes ont été exécutées, précise-t-il. Le centre de détention a été construit sur le modèle pennsylvanien, qui préconise l’isolement des prisonniers et le recueillement. « On pense que d’être cloîtré du matin au soir aide les prisonniers à reconstituer une vie plus conforme à ce qu’on attend d’eux en société », explique l’historien.

Ce modèle finira par être abandonné, et l'on commencera à construire des aires de socialisation pour les prisonniers.

Un spectacle d’abord et avant tout

Jean-François Nadeau rappelle que les exécutions ont longtemps été tenues en public afin de montrer l’exemple et de décourager les éventuels criminels. De nombreux artistes se plaisaient à regarder de telles démonstrations. « Léonard de Vinci adorait assister à des exécutions publiques parce que ça lui donnait l’occasion d’étudier le physique des gens qui voyaient arriver la mort », souligne l’historien.

Mais devant les scènes d’horreur que cela pouvait représenter, le gouvernement a finalement décidé de rendre les exécutions privées.

L’opposition s’organise

Sous le gouvernement conservateur de John Diefenbaker, à la fin des années 1950 et au début des années 1960, neuf pendaisons ont lieu, ce qui attise l’opposition à la peine de mort.

Le vendredi 11 mars 1960, Ernest Côté est pendu à la prison de Bordeaux pour avoir assassiné un directeur de banque. Il sera le dernier condamné à être mis à mort au Québec.

En 1967, le Parlement canadien vote pour un assouplissement de la peine : seuls les meurtriers de policiers et de gardiens de prison sont alors susceptibles d’être exécutés. Il faudra attendre 1976 pour voir la peine de mort officiellement abolie au Canada.

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