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Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 7 février 2018

La tuberculose, la maladie « nationale » des Canadiens français

Publié le

Image en noir et blanc montrant un jeune homme couché dans un lit d'hôpital et une infirmière lui faisant une prise de sang
Une infirmière fait une prise de sang sur un patient atteint de tuberculose. (1956)   Photo : Radio-Canada

La peste blanche frappe si durement le Québec au début du 20e siècle que les tuberculeux sont longtemps considérés comme une catégorie sociale à part entière, mentionne l'historien Jean-François Nadeau. « On va en faire une véritable affaire nationale », précise-t-il.

Ceux que l’on appelle les « poitrinaires » sont beaucoup plus nombreux au Québec que dans le reste du Canada. Le gouvernement provincial va donc insister sur le côté national de la maladie pour mener ses campagnes de sensibilisation, à partir des années 1920.

Ça reste, pendant très longtemps, une caractéristique de la société.

Jean-François Nadeau, historien

Les tuberculeux sont si nombreux qu’ils ont leur propre station de radio. De grandes vedettes, telle Édith Piaf, leur offrent même des concerts.

Les sanatoriums : là où l'on va, mais d’où l'on ne revient pas

C’est dans des sanatoriums que l’on place les malades en isolement pour les soigner. Le premier voit le jour en 1908, à Sainte-Agathe-des-Monts. Il est construit sur un immense terrain de 400 acres cédé par le gouvernement du Québec en 1895. Plusieurs autres ouvriront leurs portes dans la province.

« C’est un lieu de repos où l'on pense que le grand air, des exercices quotidiens et le calme absolu vont avoir raison de la maladie », explique Jean-François Nadeau.

Il y a des gens de partout qui vont se retrouver là, qui vont mourir là, qui vont être oubliés là d’une certaine façon.

Jean-François Nadeau, historien

Certaines personnes y passeront jusqu’à 20 ans avant de guérir. Plusieurs d’entre elles, qui n’auront pas connu autre chose que le sanatorium, décideront de consacrer le reste de leur vie aux soins des tuberculeux, raconte Jean-François Nadeau.

Pendant longtemps, ce sont des gens qui ont été en contact avec la maladie qui vont travailler auprès des malades, souligne l'historien. Il cite comme exemples le célèbre médecin Norman Bethune ainsi qu'Armand Frappier, dont la mère est morte de la tuberculose alors qu’il était jeune.

Néanmoins, malgré la multiplication des sanatoriums, les malades tardent à prendre des mesures d’isolement. Le séjour coûte cher, et il n’existe pas de mesures sociales, à cette époque, pour subvenir aux besoins des familles dont le père ou la mère doit partir en isolement.

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