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L'animateur Mathieu Dugal
Audio fil du samedi 6 janvier 2018

Les chaînes de blocs pour les nuls

Publié le

Yann Rousselot-Pailley dans le studio de l'émission La sphère.
Yann Rousselot-Pailley, président de 2PS.com et spécialiste des chaînes de blocs.   Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

Le bitcoin, cette monnaie virtuelle dont le nom est sur toutes les lèvres depuis quelques mois, repose sur une technologie qui reste assez mystérieuse pour plusieurs : la chaîne de blocs. Cette technologie, que plusieurs comparent à un grand livre comptable virtuel, intéresse les domaines les plus divers, de la finance à la santé en passant par l'agroalimentaire. Yann Rousselot-Pailley, président de 2PS.com et spécialiste des chaînes de blocs, vulgarise leur fonctionnement dans un entretien avec Matthieu Dugal.

« À partir du moment où quelqu’un veut numériser quelque chose et qu’il faut en garantir la propriété à quelqu’un en particulier, on peut le faire avec la chaîne de blocs, explique M. Rousselot-Pailley. Si l'on veut faire en sorte que l’avoir numérique que l’on possède passe d’une personne à une autre, on peut utiliser la chaîne de blocs. »

Inviolables, les chaînes de blocs?

Tous les ordinateurs faisant partie d’une même chaîne de blocs possèdent une copie de ce grand livre comptable qui peut servir à authentifier les transactions qui sont effectuées sur son réseau. Les chaînes de blocs sont donc considérées comme inviolables, dans l’état actuel des connaissances, puisqu’il faudrait falsifier toutes les copies d’un livre comptable pour le frauder.

Toutefois, les portefeuilles contenant les fameuses cryptomonnaies, eux, ne sont pas à l’abri des vols ou des pertes. En effet, pour se servir de ses bitcoins ou d’une autre cryptomonnaie fonctionnant selon des règles similaires, il faut utiliser une sorte de mot de passe appelé « clé privée ». Environ 4 millions de bitcoins ont ainsi été perdus lorsque leurs propriétaires ont oublié ou égaré leur clé privée.

« Il y a toutes sortes d’interfaces autour de la chaîne de blocs qui, elles, ne sont pas du tout inviolables, prévient Yann Rousselot-Pailley. Par exemple, votre banque est inviolable, puisqu’on ne peut pas aller fouiller dans votre compte de banque. Toutefois, le site web qui vous permet d’accéder à votre banque peut avoir des faiblesses. [Pour les chaînes de blocs], c’est dans ces interfaces qu’il peut y avoir des faiblesses. »

Une question géopolitique

Ceux qui doutent de l’importance que pourraient prendre les chaînes de blocs dans les prochaines années et décennies auraient tout intérêt à regarder du côté de Singapour, de la Suisse, de l’Estonie, de la Chine et de la Russie, selon M. Rousselot-Pailley. Tous ces pays mènent la charge de ce que certains comparent à la révolution du web, qui a commencé à la fin des années 1980 et qui se poursuit.

La Chine possèderait même jusqu’à 70 % des ordinateurs dédiés au traitement des transactions de bitcoins dans le monde, d’après Yann Rousselot-Pailley.

« Si l’économie traditionnelle continue d’aller dans le sens de la numérisation et que de grandes puissances historiques comme l’Europe et les États-Unis ne font rien pour aller en ce sens, d’autres pays auront un train d’avance et vont en profiter », conclut l'expert.

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