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Matthieu Dugal
Audio fil du samedi 11 novembre 2017

Internet favorise-t-il la mixité amoureuse?

Publié le

Chiara Piazzesi dans le studio de l'émission La sphère.
Chiara Piazzesi, professeure en sociologie à l’Université du Québec à Montréal.   Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

Une récente étude du Massachusetts Institute of Technology (MIT) émet l'hypothèse que les sites de rencontre ont changé radicalement les manières qu'ont les humains de se rencontrer, ce qui aurait une influence sur le pourcentage de mariages interraciaux. Chiara Piazzesi, professeure en sociologie à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), adhère à cette opinion, mais souligne au passage une faiblesse de l'étude.

Dans l’étude intitulée The Strength of Absent Ties: Social Integration via Online Dating, les auteurs Josue Ortega et Philipp Hergovich avancent que l’intégration sociale de certains groupes de personnes s’effectue rapidement lorsqu’ils bénéficient de nouveaux moyens de communication, comme les sites et les applications de rencontre.

Chiara Piazzesi utilise l’exemple des populations marginalisées, qui éprouvent des problèmes de discrimination ou de ghettoïsation, qui ont tendance à se marier à l’intérieur de leur groupe social. Une tendance qu’elle nomme l’homogamie et qui est documentée depuis des décennies en sociologie.

« L’entrée en contact avec des personnes qui ne nous ressemblent pas, qui ne sont pas dans le cercle naturel des personnes qu’on rencontrerait dans la vie réelle, fait en sorte qu’on peut se sortir plus facilement de sa position dominée ou marginalisée ou de toutes les contraintes qui viennent avec le fait d’appartenir à une minorité visible, raciale ou sexuelle », explique-t-elle.

L'importance des liens faibles

L’étude du MIT se concentre sur la thèse des liens forts et des liens faibles, les premiers étant ceux que l’on entretient avec son entourage immédiat, les seconds avec son cercle de connaissances indirectes.

« Ce qui est intéressant, c’est que l’article porte le titre La force des liens absents, parce qu’il s’agit de liens qui peuvent être considérés comme inexistants dans la réalité, note Chiara Piazzesi. Cela semble démontrer ce que les sociologues pensaient depuis longtemps, c’est-à-dire que, souvent, les liens faibles sont plus déterminants pour le parcours de vie d’une personne que les liens forts. »

Les personnes dans des cercles plus proches peuvent nous offrir des choses qui nous ressemblent, tandis que, pour avoir accès à d’autres occasions qui font vraiment faire des sauts du point de vue social, politique, économique ou professionnel, il faut avoir accès à d’autres types de réseaux.

Chiara Piazzesi, professeure en sociologie à l’UQAM

D’où toute l’importance, selon Mme Piazzesi, d’Internet et des sites et applications de rencontres pour les personnes qui font partie de cercles sociaux marginalisés.

Cette spécialiste émet cependant une critique par rapport aux conclusions de l’étude. « Les auteurs formulent des hypothèses sur la force et la stabilité des mariages formés sur les réseaux sociaux ou sur Internet en comparaison à celles des mariages formés dans la réalité, indique-t-elle. C’est très problématique à mon avis. Il n’y a pas de critères clairs pour mesurer cela. Ils s’appuient sur des variables statistiques qui sont trop jeunes pour être évaluées de manière complète. »

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