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Matthieu Dugal
Audio fil du samedi 7 octobre 2017

Transhumanisme et science : deux domaines irréconciliables?

Publié le

Céline Lafontaine dans le studio de La sphère.
Céline Lafontaine voit les promesses des transhumanistes d'un mauvais œil en raison de leur caractère exagéré qui ne tient pas compte des questions éthiques.   Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

Si quelqu'un vous expliquait que l'on vivra un jour dans un monde où l'humain sera soulagé de toutes ses souffrances et même de la mort, vous vous diriez probablement qu'il s'apprête à vous parler de religion. Mais si cette même personne poursuivait en vous disant que ce sera bientôt possible grâce à la technologie, votre intuition serait-elle la même? Pour Céline Lafontaine, professeure titulaire au Département de sociologie de l'Université de Montréal, la réponse est oui.

Il n’y a pas plus de raison de croire à l’immortalité chrétienne qu’à l’immortalité transhumaniste.

Céline Lafontaine, professeure titulaire au Département de sociologie de l’Université de Montréal et membre de la Commission de l’éthique en science et en technologie du Québec

Cette spécialiste est très critique à l’égard des gourous de la technologie qui font miroiter un avenir meilleur pour l’humanité grâce à l’unique avancée technologique.

« Les transhumanistes sont antiscience, puisqu’ils font de la science une sorte d’outil idéologique, explique Céline Lafontaine. Il faut comprendre que la science, c’est le doute. Quand on n’arrête pas de nous dire qu’on doit s’adapter à quelque chose qui n’existe pas, on se retrouve dans une société où le doute et la rationalité sont complètement évacués par ces spéculations délirantes. »

Selon Mme Lafontaine, les entreprises qui sont engagées dans la recherche de nouvelles technologies pour servir le transhumanisme tentent de contourner les aspects éthiques en promettant des avancées beaucoup plus spectaculaires que ce qu’il est réaliste d’imaginer. Un message fort et très stratégique pour des entreprises privées qui cherchent d’abord et avant tout à dégager des profits, indique celle qui signe ces jours-ci un texte dans la revue Relations, intitulé « La biocitoyenneté à l'ère du néolibéralisme ».

« Les vraies questions, c’est-à-dire celles [qui sont] liées aux limites de la manipulation du vivant [de même qu']aux enjeux éthiques et d’équité, sont évacuées, déplore Céline Lafontaine. L’un des enjeux actuels, c’est que le transhumanisme n’est que la pointe d’un grand iceberg qu’on appelle la bioéconomie, où tout le monde se retrouve dans une logique de performance. »

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