Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Matthieu Dugal
Audio fil du samedi 30 septembre 2017

La Super NES, un succès qui cache une part d'ombre

Publié le

Dominic Arsenault dans le studio de l'émission La sphère.
Le professeur Dominic Arsenault, qui vient de publier le livre Super Power, Spoony Bards, and Silverware: The Super Nintendo Entertainment System aux presses du MIT.   Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

Le succès des produits Nintendo ne se dément pas – si bien qu'une récente réédition de la Super Nintendo Entertainment System (SNES), une console qui date de 1990, est en rupture de stock depuis sa sortie, vendredi. Mais ce succès n'est pas étranger à certaines pratiques moins glorieuses de l'entreprise japonaise, bien connue pour le contrôle jaloux qu'elle exerce sur ses produits, comme le rappelle Dominic Arsenault, professeur et auteur spécialiste des jeux vidéo.

L’auteur du nouveau livre Super Power, Spoony Bards, and Silverware: The Super Nintendo Entertainment System, publié aux presses du Massachusetts Institute of Technology (MIT), estime qu’il était nécessaire de rectifier certains faits relativement à l’image que Nintendo tente de projeter et qui colle dans l’esprit de bien des amateurs.

À l’époque [précédant la sortie de la SNES], Nintendo a des ventes massives de la Nintendo Entertainment System, la console originale. C’est une machine à imprimer de l’argent!

Dominic Arsenault, professeur agrégé au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal

Comptant continuer de profiter de cette manne, Nintendo n’a alors pas l’intention de commercialiser une nouvelle console, mais la Nippon Electric Company, l’un de ses compétiteurs, lance la PC Engine, qui connaît du succès dans l’archipel japonais. « Nintendo n’avait pas le choix de réagir et convoque donc la presse en annonçant une "super Famicom" [SNES au Japon, NDLR], mais elle n’avait aucun projet, en réalité. Ils ont improvisé une console. »

Le septième jour, Nintendo créa la SNES

Cette nouvelle console a été publicisée en grande pompe par Nintendo, qui tenait à défendre son avantage sur le marché. Les stratégies utilisées par l’entreprise pour faire parler de la SNES avant sa sortie – notamment par l'entremise de son magazine Nintendo Power – ont toutefois de quoi faire sourciller, de nos jours.

« Nintendo Power, c’était l’organe de propagande interne de l’empire Nintendo. Souvent, ils trouvaient des astuces et des façons de moduler les descriptions de leurs consoles, ce qui nous poussait à conclure que celles de Nintendo étaient supérieures. »

Dominic Arsenault a toutefois été davantage étonné de remarquer que le même phénomène émanait des magazines indépendants de Nintendo, dont Electronic Gaming Monthly (EGM). « Les journalistes d'EGM traduisaient en anglais les informations que Nintendo donnait en japonais dans ses conférences de presse. Ils étaient donc une courroie de transmission sans recul critique, parce que la console n’existait pas encore et qu'ils n’avaient pas accès aux prototypes. Ils étaient à la merci du fabricant, qui exagérait sur toutes sortes de choses. »

Ma façon de décrire Nintendo, c’est que c’est une main de fer dans un gant de velours. Elle se cache derrière Mario, qui est adorable et gentil, mais, en coulisses, Nintendo est intransigeante dans ses relations entre entreprises.

Dominic Arsenault, professeur agrégé au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal

Chargement en cours