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Boucar Diouf
Audio fil du samedi 17 juin 2017

L’utilité du mâle dans la reproduction animale

Publié le

Le professeur au département des sciences biologiques et doyen à la faculté des sciences de l’Université du Québec à Montréal, Luc-Alain Giraldeau, en entrevue avec Boucar Diouf.
Le professeur au département des sciences biologiques et doyen à la faculté des sciences de l’Université du Québec à Montréal, Luc-Alain Giraldeau, en entrevue avec Boucar Diouf.   Photo : Radio-Canada / Philippe Couture

« Un jour, l'évolution a inventé la reproduction sexuée, ce que j'appelle "le grand gaspillage". Il a fallu inventer les mâles. On n'a pas besoin d'autant de mâles. » Luc-Alain Giraldeau parle en ces termes parce que chaque mâle peut produire une grande quantité de spermatozoïdes, contrairement à la femelle, qui n'a qu'un œuf. Le professeur au Département des sciences biologiques et doyen à la Faculté des sciences de l'Université du Québec à Montréal démystifie la sexualité et la paternité chez les animaux.

Le mâle peut se permettre d'être volage
Pour Luc-Alain Giraldeau, le mâle, chez les espèces animales, est inutile à 90 %. Chez les mammifères, c’est la femelle qui porte le bébé et allaite. « Le succès de descendance d’un mâle dépend du nombre de partenaires qu’il peut convaincre à féconder. La femelle peut avoir 42 partenaires sexuels, elle ne fera pas plus de petits au bout du compte. »

Pour la femelle, les pressions de sélection pour la descendance, c'est de bien choisir les partenaires. De choisir le partenaire avec les meilleurs gènes et la meilleure santé.

Luc-Alain Giraldeau

La grande règle générale est la polygynie, ce qui signifie que le mâle peut avoir plusieurs partenaires. « Il existe une fécondation interne chez les mammifères et la femelle est prise avec le fœtus, l’œuf fécondé. Elle a des glandes mammaires pour nourrir le jeune. » Elle s’occupe du petit pendant que le mâle peut aller en féconder d’autres.

Les astuces d'exclusivité des drosophiles et des canards
Puisque les animaux n'ont pas toujours des relations monogames, de nombreuses espèces ont développé des techniques pour s'assurer d'une bonne descendance. Luc-Alain Giraldeau révèle quelques-uns de ces secrets.

« Les mouches drosophiles mâles, qu’on retrouve autour des bananes, produisent un spermicide. Quand ils fécondent une femelle, leur spermicide tue le sperme des autres mâles, et c’est toxique pour la femelle. Plus une femelle copule, plus sa vie est écourtée. C’est le coût de la guerre entre mâles. Il injecte aussi des choses pour changer le mélange hormonal de la femelle, un anaphrodisiaque, pour enlever tout goût d’avoir une relation sexuelle après monsieur. »

« Les canards sont les seuls oiseaux avec des pénis. C’est une guerre entre les mâles et les femelles, ce sont les experts de la copulation forcée. La femelle a un cloaque, avec des diverticules, un peu comme des culs-de-sac. Elle essaie de diriger le pénis du mâle qu’elle ne veut pas vers ces culs-de-sac. Celui qu’elle aime, elle le dirige vers le bon orifice, pour que ça se rende aux œufs. »

Un couple de Harles couronnés sur l'eau
Un couple de Harles couronnés sur l'eau Photo : Radio-Canada/courtoisie de Canards illimités Canada

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