Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Alain Gravel
Audio fil du lundi 5 février 2018

Propos homophobes : un professeur de cégep suspendu plaide la liberté d’expression

Publié le

Cégep du Vieux Montréal
Cégep du Vieux Montréal   Photo : Radio-Canada

La direction du Cégep du Vieux-Montréal a suspendu l'enseignant de philosophie Jean Laberge. Il est reproché à ce dernier d'avoir tenu des propos homophobes à l'extérieur de sa classe, notamment sur les médias sociaux. Le principal intéressé compte plaider la liberté d'expression, une avenue qui risque d'être difficile à prouver, selon Louis-Philippe Lampron, professeur en droits et libertés de la personne à l'Université Laval.

Le professeur Jean Laberge est en attente d’éventuelles sanctions. Il sera rencontré par la direction du Cégep du Vieux-Montréal. Joint par Radio-Canada, le professeur affirme ne pas comprendre pourquoi le Cégep lui reproche des écrits publiés à l'extérieur de son travail. « C'est la dictature, c'est Big Brother, ça n'a aucun sens », dit Jean Laberge.

« Big Brother, c’est un peu fort de café. Ça impliquerait que son droit à la vie privée soit impliqué. Or, les propos qui lui sont reprochés sont publics, sur sa page Facebook et sur un blogue. On ne peut pas parler de son droit à la vie privée. Il ne pourra pas plaider la discrimination. Au contraire, ce sont les propos qu’il a tenus qui sont discriminatoires à l’endroit des homosexuels », explique Louis-Philippe Lampron.

Ce dernier confirme toutefois que la liberté d’expression du professeur est atteinte du moment où il est sanctionné. Mais le débat ne s’arrête pas là, note-t-il.

Le cœur du débat sera de déterminer si cette atteinte [à la liberté d’expression] se justifie ou pas dans le contexte du milieu scolaire. [...] Le droit d’un employeur de sanctionner un employé pour des propos tenus hors du lieu de travail n’est pas un droit illimité. Il faut qu’il y ait des liens avec la fonction occupée.

Louis-Philippe Lampron

L’éventail dans l’intensité des propos est aussi important, ajoute Louis-Philippe Lampron. Les sanctions ne sont pas les mêmes qu’il s’agisse d’une publication ou d’une blague versus une série de publications.

À lire les publications qui sont reprochées à Jean Laberge, Louis-Philippe Lampron croit qu’il ne s’agit pas uniquement d’un cas de liberté d’expression.

« Ça semble s’inscrire dans quelque chose de plus substantiel. Le Cégep devra prouver que ça affecte la capacité de M. Laberge de rendre un enseignement dans un contexte où tout un chacun, homosexuel et hétérosexuel, se sent le bienvenu dans la salle de classe », conclut M. Lampron.

Chargement en cours