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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 12 février 2018

Pierre Falardeau, le cinéaste qui voyait la vie comme un combat

Publié le

Le réalisateur lance un sourire narquois à l'animatrice Christiane Charette.
Le cinéaste Pierre Falardeau en 2009   Photo : Radio-Canada / Christian Côté

Tout au long de sa carrière de cinéaste, Pierre Falardeau a mis la cause indépendantiste de l'avant dans ses œuvres, qu'elles soient comiques ou dramatiques. Flamboyant et irrévérencieux, le créateur d'Elvis Gratton n'hésitait pas à exprimer le fond de sa pensée. « En privé, il était plus timide qu'il en avait l'air », soutient toutefois le critique de cinéma Georges Privet, qui l'a connu intimement.

Tout jeune, la lecture que Pierre Falardeau a faite d’un livre de Laurent-Olivier David consacré aux patriotes l'a marqué profondément.

C’est aussi à cette période qu’il s'est lié d’amitié à Julien Poulin, qui a été l'un de ses acteurs fétiches et son collaborateur au succès du film Elvis Gratton. Georges Privet affirme que Falardeau était un homme qui ressentait les choses viscéralement.

Ce n’est pas un hasard qu’il était un si grand fan de boxe. Pour lui, la chose fondamentale dans la vie, c’était le combat.

Georges Privet

Un regard grinçant sur la société québécoise
La première période de sa carrière de cinéaste est marquée par une série de films documentaires engagés sur des gens du quotidien. Le film Pea soup (1978) brosse un portrait de la société québécoise de l'époque en plusieurs tableaux. L’un d’entre eux montre un petit garçon qui mange du poulet frit en répondant aux questions du cinéaste.

« C’est extraordinairement déprimant, mais c’est très révélateur d’un phénomène d’acculturation et du colonisé qui sommeille en chacun de nous », fait remarquer Georges Privet.

Ce film s’inscrit dans une époque d’affirmation nationale qui touchait non seulement le Québec, mais aussi beaucoup d’États dans le monde.

Elvis Gratton, l’oncle qui fait rire jaune
Le succès du cinéaste est arrivé en 1985 avec le long métrage Elvis Gratton, le king des kings, qui rassemble trois courts métrages réalisés quelques années plus tôt. Le personnage est né au lendemain de l’échec référendaire et montre en quelque sorte l’éventualité d’une assimilation des Québécois au modèle américain sous son pire aspect. Cette comédie satirique tirée à gros traits a permis à Falardeau d'avoir l'argent pour réaliser ses autres films, plus engagés et plus sérieux.

Le sort du cinéma québécois, c’est le sort du peuple québécois lui-même, c’est-à-dire que c’est marginalisé, c’est folklorisé. Ça fait penser un peu à lorsqu’on va chez Sam the Record Man et qu’on demande où est la musique du Québec, et on te répond : "C’est au fond, en dessous de l’escalier, là où c’est indiqué folklore."

Pierre Falardeau

On pourrait croire que sa carrière a souffert de ses prises de position très marquées sur la politique et la société. Toutefois, selon Georges Privet, les réactions à ses coups de gueule lui ont permis de mieux se situer en tant qu’artiste et d’obtenir finalement la confirmation que ce qu’il faisait à l’écran avait une portée.

À la fin de sa carrière, Falardeau a eu de plus en plus de difficulté à obtenir du financement public pour réaliser de nouveaux films. Il s’est tourné vers l’écriture. Certains de ses scénarios ont été édités.

Il est mort le 25 septembre 2009.

Le steak, Pierre Falardeau et Manon Leriche, offert par l'Office national du film du Canada

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