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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 16 janvier 2018

L’affaire du Canada : le procès des derniers administrateurs de la Nouvelle-France

Publié le

Dessin montrant l'intendant François Bigot lors d'une fête.
L'intendant François Bigot était reconnu pour son goût du luxe.   Photo : Illustration tirée de L'épopée canadienne, un manuel d'histoire des Clercs de Saint-Viateur

Entre 1761 et 1763, après la capitulation de Montréal et de Québec, un conseil d'État du roi de France a organisé une commission pour faire la lumière sur les énormes dépenses faites en Nouvelle-France. L'historien Éric Bédard raconte ce procès, appelé l'affaire du Canada, où l'intendant François Bigot, le gouverneur Vaudreuil et le négociant Joseph-Michel Cadet ont été accusés.

Le procès, dont les procédures commencent officiellement en novembre 1761, défraie la chronique. Il implique le roi Louis XV et le ministre des Affaires étrangères Choiseul. Pour celui-ci, la défaite française en Amérique est l’aboutissement de l’échec de la colonisation.

Le roi met en place une commission judiciaire extraordinaire composée de 27 membres. Celle-ci lance des mandats d’arrestation contre 29 personnes, dont François Bigot, Vaudreuil et Joseph-Michel Cadet, qui sont emprisonnés à la Bastille.

Condamner une explosion des dépenses
Les chiffres rendus publics par les procureurs du procès sont accablants. De 1730 à 1740, la moyenne des dépenses annuelles de la colonie est de 500 000 livres. De 1751 à 1760, elles passent à 13 millions de livres par an.

La croissance astronomique des dépenses s’explique surtout par le contexte de préparation de la guerre. Mais il y a tout de même eu des abus et de la corruption de la part des administrateurs de la Nouvelle-France. L’intendant François Bigot, le plus haut fonctionnaire de la colonie entre 1748 et 1759, est une cible idéale, puisque des rumeurs circulent sur son enrichissement pendant son mandat.

Le jugement est rendu : les coupables doivent payer
En août 1763, le procureur en chef accuse François Bigot d’avoir organisé un système pourri et réclame pour lui la peine capitale. Mais grâce à l’intervention du roi, la peine de l’ancien intendant est réduite en décembre à un bannissement du Royaume. Si Bigot se réfugie en Suisse à la suite de sa condamnation, l’État français relâche Vaudreuil et force Cadet à rembourser 6 millions de livres au Trésor royal.

Deux thèses sur l’affaire du Canada
Selon l’historien Guy Frégault, l’affaire du Canada aurait été une diversion, une manière pour la France de ne pas assumer la défaite de Québec et de Montréal. Pour lui, le jugement du procès, un document de 78 pages, a été largement diffusé, afin de convaincre l’opinion publique de la corruption de l’administration de la Nouvelle-France.

Dans une autre thèse, le professeur d’histoire André Côté affirme que le procès aurait donné à la France un subterfuge économique. Il aurait été un prétexte pour rembourser les lettres de change acquises sous l’administration de François Bigot à 50 % de leur valeur nominale.

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