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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 13 décembre 2017

La résistance des Franco-Ontariens contre le règlement 17 de 1912

Publié le

Des écoliers vêtus de manteaux tiennent des pancartes militantes.
Manifestation d'écoliers dans les rues d'Ottawa contre le Règlement 17, en février 1916   Photo : Le Droit / Archives de l'Université d'Ottawa

En 1912, le gouvernement ontarien de James P. Whitney adopte un règlement qui interdit l'enseignement du français à partir de la troisième année du primaire. L'historien Serge Dupuis raconte la résistance de la communauté franco-ontarienne contre cette mesure jusqu'à son abrogation, en 1927.

L’année où l’Ontario adopte le règlement 17, cinq autres provinces ont déjà interdit l’enseignement du français dans les écoles. La province emboîte le pas aux autres gouvernements afin de freiner l’expansion des francophones, devenus majoritaires dans l’est de l’Ontario.

Ainsi, de 1842 à 1881, les Canadiens français passent d’environ 14 000 à plus de 100 000 en Ontario. Or, malgré sa présence croissante, cette population ne s’intègre pas à la masse anglo-protestante. Elle est parfois mise à l’écart ou dénigrée par la presse torontoise

Levée de boucliers contre le règlement 17
La communauté franco-ontarienne réagit vivement contre le règlement 17. Afin de s’opposer à son application, en vigueur à partir de septembre 1913, des parents empêchent des inspecteurs d’entrer dans les écoles. Une marche de 10 000 enfants est aussi organisée dans les rues d’Ottawa.

Les enseignants contournent le règlement en continuant de donner leurs cours en français. Cette insubordination est mal vue par la communauté irlandaise catholique, qui fait appel à la justice pour tenter de forcer l’application de la mesure.

Des politiciens québécois appuient aussi les Franco-Ontariens dans leur lutte. En 1913, le premier ministre du Québec Lomer Gouin parle même au pape de la situation. Le souverain pontife intervient en 1915 en disant aux parents franco-ontariens qu’ils ont le droit de revendiquer l’enseignement dans leur langue, mais que le gouvernement ontarien peut aussi imposer l’anglais dans les écoles.

Diane et Béatrice Desloges, ainsi que les gardiennes de l'école Guigues d'Ottawa en 1913
Les sœurs Desloges et les gardiennes de l'école Guigues d'Ottawa en 1913   Photo : Archives de l'Université d'Ottawa

Le début d’une longue marche pour l’équité des droits scolaires
En 1927, après 15 ans de bataille contre les Franco-Ontariens, le gouvernement ontarien de Howard Ferguson décide de faire marche arrière et de ne plus appliquer le règlement 17. Toutefois, l’enseignement du français à l’école secondaire n’est permis en Ontario qu’à partir de 1968. De plus, les conseils scolaires de langue française n’y ont pas vu le jour avant 1998.

Le 22 février 2016, la première ministre de l’Ontario Kathleen Wynne présente les excuses officielles de la province pour l’adoption du règlement 17. Plus récemment, en août 2017, son gouvernement libéral a approuvé la création d’une université franco-ontarienne.

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