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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 12 décembre 2017

L’horloge de la fin du monde, un reflet de l’anxiété face à l’apocalypse

Publié le

Une horloge indique minuit moins trois.
L'horloge de la fin du monde sensibilise la population aux dangers qui menacent la planète.   Photo : iStock

« Après la Seconde Guerre mondiale, l'être humain a eu, pour la première fois, les moyens technologiques de s'autodétruire. » L'historien Carl Bouchard raconte comment, depuis 1947, des scientifiques utilisent le concept de l'horloge de la fin du monde pour illustrer leurs craintes d'une catastrophe planétaire.

Inventée par les scientifiques à l’origine de la bombe atomique, l’horloge de la fin du monde, aussi appelée « horloge de l’apocalypse », sert à indiquer le degré de danger, ou le nombre de minutes, qui sépare l’humanité de sa disparition. Plus son aiguille se rapproche de minuit, plus la planète est près d’être détruite.

Lors de sa première parution dans le Bulletin of the Atomic Scientists, en 1947, l’horloge indiquait minuit moins sept. Au fil des décennies, des scientifiques ont ajusté son heure en tenant compte du climat politique ou des découvertes liées aux armes nucléaires. Ils ont voulu ainsi sensibiliser la population aux menaces du nucléaire.

Le risque d’une guerre nucléaire ou l’équilibre de la terreur
En 1949, les aiguilles de l’horloge de la fin du monde avancent de quatre minutes lorsque l’Union soviétique procède à l’essai de l’arme atomique. Puis, en 1953, elle atteint minuit moins deux lorsque les États-Unis font exploser leur première bombe à hydrogène.

Par la suite, le degré de menace du monde alterne entre des périodes d’accalmie et des époques de tension, comme la crise des missiles de Cuba de 1962.

En 1963, l’horloge passe à douze minutes avant minuit. Cette année-là, l’Union soviétique signe le premier traité d’interdiction partielle des armes nucléaires. Les aiguilles bougent à nouveau, à la fin des années 1960, lorsque d’autres pays réalisent des essais nucléaires.

Au début des années 1980, les tensions entre les États-Unis et l’Union soviétique poussent les scientifiques à régler l’horloge à minuit moins trois. Toutefois, avec la chute du mur de Berlin en 1989, puis grâce à la signature d’un traité de réduction des armes stratégiques en 1991, elle passe ensuite à minuit moins 17 minutes.

Avec le recul, on voit la guerre froide comme une ère de stabilité.

Carl Bouchard, historien

Le retour de la menace
En 2007, le Bulletin of the Atomic Scientists prend pour la première fois en considération les changements climatiques et les présente comme un risque planétaire.

En janvier 2017, l’horloge passe à minuit moins deux minutes et trente secondes. Selon les scientifiques, l’humanité n’a jamais été aussi près de la fin du monde depuis 1953. La rhétorique belliqueuse de Trump et le regain de tension avec la Corée du Nord contribuent à ce sentiment d’incertitude.

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