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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 31 octobre 2017

Les demeures bourgeoises du Mille carré doré

Publié le

Une vue de l'ouest de la maison Ravenscrag, en 1906.
Située dans le Mille carré doré, la maison Ravenscrag a appartenu à l'homme d'affaires Hugh Allan   Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Entre la fin du 19e siècle et la Seconde Guerre mondiale, le Mille carré doré de Montréal, ou Golden Square Mile, était le milieu de vie de la grande bourgeoisie canadienne. Le professeur d'histoire à l'Université de Sherbrooke Harold Bérubé décrit l'atmosphère de ce quartier luxueux, qui était situé au sud du mont Royal.

Au début du 20e siècle, 70 % de toute la richesse du Canada se trouve concentrée dans le territoire du Mille carré doré. Les familles de grands financiers et industriels anglo-protestants, dont les Allan, les Redpath ou les Molson, y vivent dans des manoirs ou des châteaux. Leurs maisons sont souvent entourées de grands jardins.

La disparition d’un quartier réservé à l’élite canadienne
On ajoute « doré » à l’appellation Mille carré seulement à partir des années 1950, lorsque l’aspect résidentiel du quartier est en déclin. Certaines des grandes maisons deviennent alors vétustes et trop chères à entretenir. Des propriétaires fortunés migrent aussi vers Toronto ou Westmount.

À partir des années 1960, l’élargissement de voies et la construction de maisons entraînent la démolition de plusieurs grandes demeures du Mille carré doré. Des promoteurs immobiliers achètent également des lots pour y construire des tours. Au nord de la rue Sherbrooke, l’Université McGill reprend certaines maisons alors que d’autres deviennent des consulats.

Résidence de James Ross, à Montréal, vers 1910
Située dans le Mille carré doré, la maison James Ross a été donnée à l'Université McGill.   Photo : Musée McCord / Studio de William Notman

Mobilisation contre la destruction des vestiges du Mille carré doré
En 1973, des promoteurs détruisent la maison qui avait appartenu à William Van Horne, le président de la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique. Cette démolition d’une maison historique du Mille carré doré a l’effet d’un électrochoc sur le plan de la protection du patrimoine à Montréal. À partir de ce moment, des maisons sont classées sites patrimoniaux et des organismes comme Héritage Montréal mènent une résistance citoyenne.

En 2014, la maison Redpath disparaît aussi sous le pic des démolisseurs. Selon Harold Bérubé, les maisons encore existantes du Mille carré doré ne pourront pas être protégées. « Maintenant, le quartier est en plein cœur du centre-ville où les valeurs foncières sont élevées et les pressions pour développer écrasantes. »

Tout ce qui n’est pas classé est en péril.

Harold Bérubé, professeur d’histoire à l’Université Sherbrooke

Harold Bérubé se réjouit toutefois des photographies des riches demeures prises par William Notman. Conservées au Musée McCord, celles-ci donnent la possibilité de voir l’intérieur des maisons du Mille carré doré.

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