Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 11 septembre 2017

En 1949, l’explosion d’un avion près de Québec tue 23 personnes

Publié le

Albert Guay, à la cour entre deux policiers en 1949, pour l'affaire de l'explosion d'un avion au-dessus de Charlevoix, tuant 23 personnes.
Albert Guay peu de temps après son arrestation en 1949   Photo : La Presse canadienne

Le matin du 9 septembre 1949, un DC-3 de la compagnie Canadian Pacific Airlines en route vers Baie-Comeau a explosé dans les airs. Vingt-trois personnes ont été tuées dans l'accident. Une sombre histoire de jalousie a mené à ce premier attentat contre un avion civil de notre histoire, explique Frédéric Bastien, professeur d'histoire au collège Dawson, à Montréal.

L’attentat sans précédent a fait couler beaucoup d’encre et a profondément marqué les esprits.

L’avion part tôt le matin de Montréal. Il effectue un arrêt à Québec pour prendre quelques passagers et redécolle. On perd son signal au-dessus des terres charlevoisiennes quelques minutes plus tard. Les débris de l’avion se dispersent dans la forêt près de la petite municipalité de Sault-au-Cochon. On soupçonne rapidement une explosion, mais le premier ministre Maurice Duplessis n’y voit rien d’anormal et soutient la thèse du bête accident.

Une femme mystérieuse
Des enquêteurs privés découvrent que lors de l’escale du DC-3 à Québec, une femme a fait déposer un colis contenant une statue. Ce détail éveille les soupçons des policiers provinciaux. Ils retrouvent la femme en question, Marguerite Ruest-Pitre, qui traîne une réputation sulfureuse.

Elle avoue aux policiers avoir été payée pour livrer un colis à l’aéroport de Québec. Elle dit ne pas connaître le contenu du colis, tout comme elle ignore qui est l’homme qui l’a payée pour effectuer cette commission, le bijoutier Albert Guay.

De plus amples recherches permettent d’apprendre que Marguerite Ruest-Pitre et Albert Guay se connaissent en fait très bien. Les regards se tournent donc vers ce dernier. On s’aperçoit que sa propre femme, Rita Morel, fait partie des 23 victimes.

Une juteuse prime
Les policiers découvrent que le bijoutier avait contracté pour sa femme une assurance vie à la prime très alléchante. Ils apprennent aussi que Mme Morel connaissait les infidélités amoureuses de son mari avec une autre jeune femme.

Il est devenu évident que le mari avait décidé de supprimer sa femme pour mieux reconquérir sa maîtresse. L’affaire prend fin lorsqu’il est démontré que la bombe a été concoctée par Généreux Ruest, mari de la « livreuse » Marguerite Ruest-Pitre.

Un crime presque parfait
Il s’en est fallu de peu pour que les véritables causes de l’écrasement demeurent inconnues. Sans un retard de quelques minutes au décollage à Québec, l’avion aurait plutôt explosé au-dessus du fleuve Saint-Laurent, éparpillant au fond des eaux d’essentielles pièces à conviction.

Albert Guay, Généreux Ruest et Marguerite Ruest-Pitre seront reconnus coupables du meurtre des 23 passagers et seront pendus entre les années 1951 et 1953.

Un roman, Le crime d’Ovide Plouffe, de l’auteur Roger Lemelin, puis un film de Gilles Carle ont été inspirés de cette saga meurtrière.

Détail de la corde de pendaison ayant servi à la mise à mort d'Albert Guay.
Corde de pendaison ayant servi à la mise à mort d'Albert Guay, en 1951, condamné pour l'explosion d'un avion et la mort de 23 personnes à Sault-au-Cochon, en 1949. Photo : Radio-Canada/Hugo Lavoie

Chargement en cours