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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 19 juin 2017

Viola Desmond ou la fierté d’une femme qui rêvait de justice pour les Noirs

Publié le

La femme d'affaires Viola Desmond, figure emblématique dans la lutte pour les droits civiques au Canada.
La femme d'affaires Viola Desmond, figure emblématique dans la lutte pour les droits civiques au Canada.   Photo : Banque du Canada

Devenue malgré elle une figure majeure de la lutte pour les droits des Noirs au pays, Viola Desmond a été un modèle d'indépendance. En 1946, son refus d'être traitée différemment selon la couleur de sa peau dans un petit cinéma de Nouvelle-Écosse a fait grand bruit. Elle figurera bientôt sur notre billet de 10 $, un honneur unique à la hauteur des accomplissements de cette femme d'affaires forte et fière, comme l'explique le professeur d'histoire Jean-Pierre Le Glaunec.

Viola Desmond a été arrêtée et mise à l’amende le soir du 8 novembre 1946 pour s’être assise dans la section d’un cinéma de la Nouvelle-Écosse réservée aux Blancs. Son histoire a sombré dans l’oubli pour de nombreuses années avant de refaire surface au début des années 2000, grâce au récit qu’en a fait sa sœur, Wanda Robson. L’émission, en 2012, d’un timbre à l’effigie de Desmond a été, en quelque sorte, une manière de rétablir l’injustice de sa condamnation.

De la fierté, du charisme et de l'indépendance
Viola Desmond a été une femme d’affaires charismatique qui faisait partie de la petite bourgeoisie de Halifax. Elle y a tenu une école d’esthéticiennes. Elle possédait sa propre voiture, et elle a toujours refusé de n’être qu’une simple épouse dévouée, silencieuse et dépendante de son mari.

Ce n’est pas pour rien que Viola Desmond ouvre une école d’esthéticiennes. Les salons de beauté, c’est un lieu d’indépendance et de pouvoir social et politique.

Jean-Pierre Le Glaunec

Une nuit en prison
Dans ce petit cinéma, il existait une règle non écrite qui voulait que les Noirs soient confinés au balcon, et non pas au parterre, où se trouvaient les Blancs. Ainsi, la caissière du cinéma a refusé de lui vendre un billet au parterre.

Viola Desmond s’est obstinée et s'est assise au parterre. Le gérant de l’établissement a fait appel au service d’un policier pour expulser l’élégante dame. Elle a passé la nuit en prison.

Le lendemain matin, elle a été condamnée à payer une amende de 26 $ et on l’a accusée de fraude. La question raciale a semblé totalement évacuée lors de cette condamnation, du moins explicitement. Les autorités lui ont fait comprendre qu’elle n’avait pas payé le billet et la taxe qui sont réservés aux personnes de son groupe.

Discrimination au quotidien
Jean-Pierre Le Glaunec, qui est professeur d’histoire à l’Université de Sherbrooke, croit que ce n’est pas seulement l’histoire de Viola Desmond qui s’est cristallisée ce soir-là, mais bien celle des Afro-Canadiens. La Nouvelle-Écosse a été une terre extrêmement importante dans l’histoire des descendants afro-américains au pays.

« Il ne faut pas voir Viola Desmond comme une figure isolée. La discrimination et le racisme existaient en Nouvelle-Écosse, et partout au pays, de manière implicite, de manière diffuse. Les Afro-Canadiens subissaient cette discrimination au quotidien : à l’école, dans l’emploi, dans les lieux publics, dans le logement... »

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