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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 15 juin 2017

En 1967, le général de Gaulle lançait le célèbre « Vive le Québec libre »

Publié le

Le général de Gaulle au balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le 24 juillet 1967
Le général de Gaulle au balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le 24 juillet 1967   Photo : Archives de Montréal

Du haut du balcon de l'hôtel de ville de Montréal, devant une foule en liesse, le général Charles de Gaulle livrait en 1967 un discours senti qui a « mis le Québec sur la carte mondiale », comme l'explique l'historien Frédéric Bastien. Prononçant les quatre mots célèbres « Vive le Québec libre », il a soulevé l'ire du Canada anglais, mais a rétabli un lien brisé entre la France et le Québec.

Je vais vous confier un secret. Ce soir, ici et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération. Et tout le long de ma route, j’ai constaté quel immense effort de progrès, de développement et, par conséquent, d’affranchissement vous accomplissez. La France entière sait, voit et entend ce qui se passe ici. Et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux. Vive Montréal, vive le Québec, vive le Québec libre!

Charles de Gaulle, dans son discours du 24 juillet 1967 à Montréal

Ce sont les mots percutants qu’a prononcés Charles de Gaulle après une visite de quelques jours dans un Québec alors animé par une importante effervescence politique et sociale, en quête d’affranchissement et d’autodétermination. Ses paroles ont enthousiasmé une partie du peuple québécois, mais ont été mal perçues au Canada anglais et dans le reste de l’Occident. Le président français se permettait une rare ingérence dans les affaires intérieures du Canada, mais, ce faisant, il a rétabli un lien brisé entre le Québec et sa mère patrie.

Jusqu’à aujourd’hui, la nature potentiellement improvisée de son discours continue d’alimenter la discussion. De Gaulle se serait peut-être laissé gagner par l’ambiance et aurait prononcé un discours non prémédité. Il n’était d’ailleurs pas prévu qu’il s’adresse à la foule ce jour-là à Montréal.

De Gaulle, partisan de l’autodétermination des peuples
Grand défenseur du mouvement de décolonisation et sensible à l’enjeu de l’affranchissement des peuples, le général de Gaulle avait développé depuis au moins une décennie une sensibilité pour le Canada français et sa quête d’émancipation. Il se sentait coupable de l’attitude de la monarchie de Louis XV, qui a progressivement délaissé le Québec. Il a eu, dès son jeune âge, une grande sympathie pour les Québécois, laquelle s’est accentuée lors de son premier voyage au Québec en 1960.

Un discours qui a enthousiasmé les Québécois
« Je pense que les Québécois eux-mêmes ont été très surpris des paroles de De Gaulle ce soir-là, réfléchit Frédéric Bastien. Et cette surprise a décuplé leur enthousiasme et réveillé quelque chose en eux. Très peu de gens, d’ailleurs, ont osé critiquer de Gaulle au Québec, même parmi ceux qui n’étaient pas indépendantistes. Cette reconnaissance du caractère français et progressiste du Québec par une France dont le regard nous a toujours importé, a été assez unanimement saluée. »

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