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Michel Doucet
Audio fil du vendredi 2 février 2018

Enseignement d'oeuvres acadiennes dans les écoles du N.-B. : « Un manque de volonté politique »

Publié le

Benoît Doyon Gosselin
Benoît Doyon Gosselin ajoute sa voix à celle du poète et comédien Gabriel Robichaud qui trouve que les auteurs acadiens sont trop peu enseignés dans les écoles francophones du N.-B.   Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau

Un professeur de littérature à l'Université de Moncton, Benoît Doyon Gosselin, fait écho aux commentaires du jeune poète et comédien Gabriel Robichaud qui déplorait, dans une lettre aux journaux, l'absence des auteurs acadiens dans le programme des écoles francophones du Nouveau-Brunswick.

Un texte de Louis Mills

M. Gosselin le confirme : l’enseignement d’oeuvres acadiennes dans les cours de français n’est pas prescrit par le programme du ministère de l’Éducation.

« Individuellement, il y a des [enseignants] qui font des initiatives incroyables en culture générale, en musique, en cinéma, les artistes, les chanteurs, etc., mais en littérature, c’est vraiment une question d’effort individuel. »

Le ministère fournit tout au plus aux enseignants des suggestions de lectures. Dans ces listes de lecture, on trouve « de tout et n’importe quoi », souligne M. Gosselin.

« On peut côtoyer Balzac, on peut côtoyer [Allan] Tremblay au Québec, donc le roman Casino basé sur une série télévisée, tu te demandes , en 11e année, ça aide à quoi, la construction identitaire, de lire [Allan] Tremblay en Acadie… »

Des oeuvres d'auteurs franco-ontariens obligatoires en Ontario

Le Nouveau-Brunswick subit mal la comparaison avec l’Ontario, où les jeunes francophones doivent avoir lu, avant d’avoir terminé leur 12e année, six oeuvres d’auteurs franco-ontariens, note-t-il.

Au Nouveau-Brunswick, les élèves de 10e année doivent lire cinq oeuvres littéraires et ceux de 12e, six, selon les normes du ministère de l’Éducation, mais rien ne précise qu’il doive d’agir d’oeuvres acadiennes.

Benoît Doyon Gosselin constate ainsi une grande carence dans la connaissance des auteurs acadiens chez les étudiants qui arrivent à l’université. « Ils n’ont jamais, jamais lu d’oeuvres acadiennes. »

[...] Dans le corridor, l’autre jour [...], quelqu’un disait : “ Antonine Maillet, c’est pas une grande comédienne acadienne [...]?” Ça témoigne d’un manque de culture générale qui devrait être donnée dès le secondaire.

Benoît Doyon Gosselin, professeur de littérature à l'Université de Moncton

Une volonté politique qui fait défaut

M. Gosselin dénonce un manque de volonté publique qui a fait en sorte que cette situation perdure même si la littérature acadienne, de plus en plus, est foisonnante.

Certaines suggestions, dans les listes de lecture, témoignent d’une volonté de ne pas être trop exigeant envers les élèves, selon lui, alors qu’ils pourraient trouver beaucoup de plaisir à lire aussi des oeuvres acadiennes.

« Des classiques comme La Sagouine, un monologue de 15 pages, tout le monde pourrait lire ça et c’est facile de comprendre la question identitaire, on ne va pas dans les grandes recherches littéraires ici [...]. »

Viola Léger, interprète du rôle de la Sagouine, en 1975
Même la Sagouine ne fait pas partie du programme du ministère de l'Éducation. Photo : Radio-Canada/André Le Coz

M. Gosselin croit qu’un comité devrait être formé pour étudier la question et faire des recommandations qui aboutiront à des changements aux programmes du ministère de l’Éducation, tant celui du secteur francophone que celui des anglophones, parce que ceux-ci ont le même problème, d’après lui.

Plus tôt cette semaine, le ministère de l’Éducation précisait, par courriel, qu’il travaillait avec l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick (AAAPNB) depuis 2009 pour l’intégration des arts et de la culture à l’école.

En matière d’enseignement de la littérature acadienne, il faisait référence à un site intranet nommé En toute théâtralité! et qui porte sur des auteurs dramatiques acadiens ou francophones du Nouveau-Brunswick.

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