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Michel Doucet
Audio fil du vendredi 17 novembre 2017

L'autisme chez les adultes : « Il y a beaucoup de préjugés »

Publié le

Josée LeBlanc et Caroline Jose
Josée LeBlanc et Caroline Jose   Photo : Radio-Canada / Stéphan Bénard

Josée LeBlanc avait ses doutes. Elle savait qu'elle était différente. Ce n'est qu'à 25 ans qu'elle parvient à mettre un mot sur ce qu'elle ressent : l'autisme. Les diagnostics tardifs chez les adultes ne sont pas rares et une chercheuse de l'Université de Moncton tente de décortiquer le monde des adultes qui ont un trouble du spectre de l'autisme dans un vaste projet de recherche.

Selon la Dre Caroline Jose, il y a un manque criant d'information sur les adultes autistes.

« Il manque tout. Il manque énormément d'information. On commence à avoir beaucoup de connaissances sur les enfants, il y a beaucoup d'interventions et de recherches. On a aussi de bons services pour les adolescents, mais après, ça se gâte quand ils sortent du système scolaire. Il y a des services, mais des fois ils ne sont pas connus. Il y a beaucoup de défis à relever avant d'avoir des services adéquats », constate-t-elle.

C'est pour répondre à ces questions qu'elle a entamé le projet de recherche CONNECT, dans le cadre duquel elle organise en fin de semaine un sommet sur les personnes autistes au centre multifonctionnel de Shédiac.

Des diagnostics tardifs

L'une des participantes à ce forum est Josée LeBlanc. La jeune femme de Moncton est candidate au doctorat en psychologie à l'Université de Moncton. Elle a cherché pendant longtemps à comprendre la cause de ses problèmes. Même si elle avait des doutes, ce n'est que l'an dernier qu'elle a finalement reçu un diagnostic officiel d'autisme.

Quand je l'ai entendu, je n'étais pas surprise. C'était comme un fardeau qui se levait, un soulagement. Finalement, je pouvais me comprendre. Ça m'a aussi permis de rencontrer d'autres personnes autistes et de faire des liens.

Josée LeBlanc

Cela lui a aussi permis d'aller chercher du soutien à l'université. Elle croit que les défis des étudiants autistes qui font des études postsecondaires sont mal compris.

« Sur le côté organisationnel, c'était difficile. Les projets de groupes étaient aussi pénibles », dit-elle.

Selon la Dre Jose, il n'est pas rare que des adultes reçoivent un diagnostic à l'âge adulte, surtout chez les femmes.

« Les femmes ont longtemps été sous-diagnostiquées. On ne reconnaissait pas les signes d'autisme chez les femmes. Mais un diagnostic, ça change tout. Ça répond à des questions qu'on s'est posées toute la vie. ll y a même des gens qui ont eu d'autres diagnostics de schizophrénie ou de bipolarité, qui ont eu des traitements de psychothérapie ou des médicaments qui n'étaient pas appropriés. Donc, un diagnostic c'est super important et on espère que notre projet de recherche va permettre d'améliorer l'accès au diagnostic. »

Faire tomber les tabous

Le projet CONNECT regroupe des professionnels de la santé des trois provinces maritimes, mais aussi plusieurs personnes autistes. La Dre Caroline Jose espère que cela permettra de découvrir quelles sont les meilleures pratiques au Canada et ailleurs dans le monde pour offrir des services améliorés aux adultes autistes de la région. Au bout du compte, elle veut améliorer leur qualité de vie et faire tomber les tabous.

Josée LeBlanc a accepté de participer au projet avec enthousiasme. Selon elle, les tabous sont tenaces.

« Il y a beaucoup de préjugés, j'en ai entendu de toutes les couleurs. Des gens pensent que les personnes autistes ne peuvent pas regarder les gens dans les yeux, ou n'ont pas d'empathie, ou qu'ils ne peuvent pas socialiser. Ce n'est pas le cas! Oui, il y a des gens qui ont des difficultés avec ces choses-là, mais ce n'est pas tout le monde. C'est important qu'on essaie de casser ces stéréotypes », croit-elle.

Depuis qu'elle sait qu'elle est autiste, Josée LeBlanc se sent mieux. Ses relations avec sa famille et ses amis se sont améliorées et elle parvient mieux à communiquer ses besoins. Elle espère que le projet aidera d'autres personnes comme elle.

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