L'inclusion, ça passe aussi par l'accès à Internet

Il existe plusieurs technologies pour rester en contact avec son entourage. Il existe plusieurs technologies pour rester en contact avec son entourage.  Photo :  iStock

Croyez-le ou non, près de 60 % de l'humanité n'a pas accès à Internet. Comment arriver à connecter les prochains milliards d'utilisateurs dans les prochaines années? Les défis sont de taille et nécessiteront des efforts concertés. C'est dans le but de développer une stratégie commune que se sont réunis, les 5 et 6 octobre derniers, à Washington, des dirigeants d'entreprises et d'organisations ainsi que des représentants de la Banque mondiale.

Pourquoi l'accès à Internet est-il important?

Internet est perçu comme l'un des outils de développement les plus puissants. Constance Bommelaer de Leusse, de The Internet Society, et Tereza Horejsova, de la DiploFoundation, rappelent dans un texte publié dans le Huffington Post, qu'Internet joue un rôle central dans la lutte à la pauvreté, comme dans l'affirmation des femmes et des jeunes sur tous les continents. Elles citent l'exemple de la Commission de haut-niveau pour le développement numérique de l'UNESCO qui soutient que les objectifs de développement durable ne peuvent pas être atteints sans un accès abordable et universel aux technologies de l'information et de la communication.

Cela dit, tout n'est pas si facile et l'accès à Internet ne garantit pas automatiquement le développement d'une société. Un rapport de la Banque mondiale indique que les dividendes du numérique ne rejoignent pas toutes les strates sociales dans les pays en développement. Bien sûr, il faut mettre en place les infrastructures qui donneront l'accès aux régions rurales ou éloignées, mais cela ne réglera pas tout. La question du développement demeure très complexe et, surtout, elle dépasse la simple question de l'accès, comme le précisent Bommelaer de Leusse et Horejsova.

Comprendre la culture du web

Il faut voir Internet comme un écosystème, selon elles. L'accès physique est une chose, mais il faut aussi et surtout développer le rapport des gens à Internet. Il faut, entre autres, les former, leur apprendre comment se comporter en ligne et trouver la pertinence d'Internet pour leur communauté.

Le numérique doit s'insérer dans les communautés locales et, pour ce faire, doit passer par un cadre législatif. L'inclusion Internet va au-delà du canal et de l'équipement, il faut rendre la culture du web accessible à tous. Il faut d'abord faire confiance et accepter de changer ses habitudes pour savoir comment utiliser Internet et s'habituer aux dynamiques en ligne, selon les auteures du texte.

L'exploration et la participation au web ne devraient pas être un privilège, mais devraient plutôt être considérées comme un droit fondamental. D'ailleurs, en 2012, l'ONU les a reconnues comme tel. Si Internet s'accompagne d'une censure ou d'un accès restreint dans certains pays, il ne représentera pas le même outil d'émancipation pour tous ses utilisateurs.

Les prochaines étapes

L'accès à Internet représente donc un défi que doivent tenter de résoudre toutes les parties intéressées : les entreprises, la société civile, les gouvernements et les communautés qui détiennent le savoir-faire technique. À la suite de la réunion de la semaine dernière, Bommelaer de Leusse et Horejsova énumèrent quelques priorités :

*Améliorer l'infrastructure : si le secteur privé peut investir dans l'infrastructure et offrir des services, il faut aussi que les gouvernements priorisent les zones « moins rentables » où la demande est moins grande.

*Développer les habiletés et l'entrepreneuriat : des compétences techniques sont nécessaires pour mettre en œuvre l'infrastructure et favoriser l'accès. Elles sont aussi essentielles pour qu'entrepreneurs, développeurs et autres parties puissent créer du contenu et des services adaptés au web.

*Développer un système de gouvernance : Qu'est-ce que c'est? Les principes et règlements qui permettront à un écosystème local de se développer. Des politiques locales doivent soutenir les investissements dans les infrastructures et s'assurer de la compétence des utilisateurs.

Les discussions tenues les 5 et 6 octobre derniers sont un pas de plus dans la bonne direction.

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