Où fait-il le plus chaud à Montréal… et le plus frais?

L'été est parfois synonyme de canicule. Et les villes peuvent devenir insupportablement chaudes en raison des îlots de chaleur urbains. La bonne nouvelle, c’est qu'il existe de nombreux endroits pour se réfugier de la chaleur extrême. Suivez le guide!

Un texte de Roberto Rocha

Une étude réalisée par le Centre d'enseignement et de recherche en foresterie de Sainte-Foy inc. (CERFO), à partir d’images satellitaires, montre clairement quelles sont les zones de Montréal où il fait le plus chaud. Et il y a manifestement plus de bâtiments que d’arbres dans ces lieux.

Note : La carte ne montre pas des températures précises, mais plutôt des températures relatives. On ne peut pas dire, par exemple, qu’il peut faire 32 degrés dans une zone rouge et 25 degrés dans une zone bleue.

L'asphalte et le béton captent la chaleur et rendent les centres urbains nettement plus chauds que les zones naturelles. Nous avons choisi 13 secteurs de l'île de Montréal qui ont une vaste étendue d'arbres et des installations de loisirs pour passer quelques heures agréables… et plus fraîches!

Parc du Mont-Royal (Ave. du Parc, chemin de la Côte-des-Neiges et chemin de la Côte-Saite-Catherine)

Parc du Quai-de-La-Tortue (Boul. LaSalle en face de la Rue Brault, Verdun)

Parc Angrignon (3400 Boul. des Trinitaires, LaSalle)

Bois de Saraguay (9150 Gouin O., Cartierville)

Parc Mackenzie-King (4955 chemin de la Côte-des-Neiges, Côte-des-Neiges)

Parc du Centenaire (3000 Lake, Dollard-des-Ormeaux)

Pointe-aux-Prairies (14912 Notre-Dame E, Rivière-des-Prairies)

Parc Pie-XII (5217 Lavoisier, Saint-Léonard)

Parc Jarry (Boul. Saint-Laurent entre les Rues Jarry et Faillon, Villeray)

Cap Saint-Jacques (20800 Gouin O., Pierrefonds)

Parc Terra-Cotta (204 Belmont, Pointe-Claire)

Parc de la Promenade-Bellerive (9200 Notre-Dame E., Hochelaga-Maisonneuve)

Pourquoi fait-il si chaud en ville?

Les îlots de chaleur urbains sont causés principalement par trois caractéristiques urbaines :

  • Une faible couverture d'arbres;
  • Des matériaux sombres, comme le goudron et l'asphalte, qui absorbent les rayons du soleil et émettent de la chaleur;
  • Des « canyons » créés par de grands bâtiments qui retiennent la chaleur.

Les toits aux matériaux foncés, comme le goudron, ainsi que les rues peuvent atteindre des températures de 80 degrés Celsius lors des journées très chaudes, selon un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec.

L’ensemble de ces facteurs peut entraîner des températures d'été à Montréal de plus de 12 degrés au-dessus de celles enregistrées dans les zones rurales des environs.

Par ailleurs, le nombre de jours de chaleur extrême devrait augmenter avec les changements climatiques, peut-on lire dans un rapport de Ressources naturelles Canada. En 2070, Montréal pourrait connaître des températures au-dessus de 30 degrés jusqu'à 27 jours par année, alors que la moyenne aujourd'hui est de 9 jours.

Que peut-on faire pour réduire la chaleur en milieu urbain?

Il existe de nombreuses façons d'atténuer les îlots de chaleur, notamment :

  • Planter plus d'arbres;
  • Ajouter de la végétation dans les stationnements;
  • Asphalter les routes avec des matériaux de couleur claire;
  • Couvrir les murs des bâtiments avec des plantes telles que le lierre;
  • Installer des toits verts ou remplacer le matériau existant par des surfaces claires ou réfléchissantes.
  • Créer ou aménager des ruelles vertes; 12 arrondissements ont des plans spécifiques pour augmenter leur nombre.

Méthodologie

La carte de température a été créée à partir des données du CERFO, qui a utilisé les images du satellite SPOT-5 ainsi que des mesures thermiques (température de surface) du satellite Landsat-7. Au total, 67 images ont été recueillies sur six ans, toujours pendant les mois d'été.

Le CERFO a développé un modèle mathématique pour extrapoler la température de surface obtenue à faible résolution spatiale (pixel de 100x100 mètres) à des images à haute résolution (20 mètres) qui n’ont pas de mesures thermiques.

La carte ne montre pas des températures absolues, mais des températures relatives en milieu urbain.

À noter que le modèle mathématique de prédiction comporte une marge d’erreur entre les valeurs de température réelles et prédites. La précision globale a été évaluée à 67 %. Le CERFO estime que cette marge d’erreur de 33 % est satisfaisante étant donné l’étendue du territoire analysé, soit tout le Québec urbain, qui présente une grande diversité de terrains, comme Montréal et Gaspé.

Les données ont été publiées dans le portail de données ouvertes du gouvernement du Québec.