Au-delà de la Maison-Blanche, voici les autres élections américaines

Malgré la place que prennent les aspirants à la Maison-Blanche, la lutte entre les démocrates et les républicains ne se limite pas à l’élection présidentielle. Plusieurs postes sont aussi à pourvoir en ce qui a trait à la représentation des États. Survol des autres courses.

Un texte de Ximena Sampson

En plus de choisir un président ou une présidente, les électeurs américains doivent renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants et le tiers du Sénat, soit 34 sièges.

Actuellement, les républicains sont majoritaires tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat.

Il y a 100 sièges au Sénat

Républicains 54
Démocrates 46

Il y a 435 sièges dans la Chambre

Républicains 246
Démocrates 186
Vacants 3
  • Démocrates
  • Républicains

Les ténors républicains craignent de subir une raclée et de perdre le contrôle du congrès à cause des déclarations controversées de Donald Trump. Plusieurs représentants et sénateurs se sont d’ailleurs dissociés du candidat dans l’espoir de conserver des votes et leurs sièges.

Même le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a soutenu qu’il ne le défendrait pas et qu’il se concentrerait plutôt sur la préservation de la majorité au Congrès.

Au moins 15 sénateurs, une vingtaine de représentants et 7 gouverneurs républicains se sont récemment dissociés du candidat de leur parti. Certains ont même souhaité que ce soit son colistier, Mike Pence, qui prenne sa place.

Mais les républicains risquent-ils vraiment de perdre des sièges à cause de Donald Trump? Rien n’est moins sûr.

« Les courses au Sénat et à la Chambre sont assez individualisées », soutient Vincent Boucher, chercheur en résidence à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’Université du Québec à Montréal.

« Les gens tendent à connaître les personnes pour lesquelles ils votent plus que dans le système canadien, où, bien souvent, on vote pour le chef du parti sans vraiment savoir qui est le candidat dans notre circonscription. »

« Les personnalités comptent pour beaucoup, surtout au Sénat. »

- Vincent Boucher, chercheur en résidence à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM

Beaucoup de noms sur les bulletins

Chaque État élit deux sénateurs pour un mandat de six ans (en rotation), tandis que le nombre de représentants varie en fonction de la population, jusqu’à un maximum de 53 pour la Californie. Les représentants, eux, ont un mandat de deux ans.

Il y a poste à combler.

Démocrate
Républicain
 

Il y a poste(s) à combler.

Démocrate
Républicain
Vacant

Allégeance du sénateur sortant

  • Démocrate
  • Républicain
  • Aucune Élection

Composition actuelle de la Chambre

  • Majorité Démocrate
  • Majorité Républicaine
  • Égalité

En outre, les électeurs de 44 États sont appelés aux urnes le 8 novembre afin de renouveler leur législature ou leur Sénat. Le quart des postes de gouverneurs (12 sur 50) sont également à pourvoir.

Il y aura enfin des élections pour certains postes clés, tels que des procureurs généraux, des juges et des maires. Ce sont vraiment des élections à géométrie variable, soutient Vincent Boucher.

« Étant donné que le système électoral américain est très décentralisé, on a beaucoup de liberté dans chaque État pour organiser le processus électoral comme on veut. »

- Vincent Boucher, chercheur en résidence à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM

Quelques courses à surveiller

Selon les analystes, c’est au Sénat que les républicains ont le plus à craindre. Si les démocrates réussissent à leur ravir quatre sièges, ils seront à égalité à la Chambre haute. Dans ce cas, c’est le vote du vice-président qui fera pencher la balance.

La plupart du temps, les électeurs tendent à reconduire les candidats sortants, constate Vincent Boucher. « Les représentants ont un taux de réélection qui avoisine 90 %, et au Sénat, c’est autour de 80 % », affirme-t-il.

Seulement quelques courses ont un véritable enjeux. C’est le cas au Nevada, où Harry Reid, le leader de la minorité démocrate au Sénat, prend sa retraite. « S’il s’était représenté, ça aurait été difficile de le battre », croit M. Boucher.

Les sièges de sénateurs à surveiller sont en Caroline du Nord, en Illinois, en Indiana, au Missouri, au Nevada, en Pennsylvanie et au Wisconsin, notamment.

Du côté de la Chambre des représentants, les démocrates peuvent espérer gagner une quinzaine de sièges, ce qui ne sera toutefois pas assez pour ravir le contrôle aux républicains.

Dans les États

En ce qui concerne les législatures des États, la plupart sont, elles aussi, contrôlées par les républicains depuis quelques années. Ils en détiennent actuellement les deux tiers (soit 67 sur 98), un sommet dans l’histoire du parti républicain.

Les républicains détiennent la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants dans 30 États. Si on ajoute les gouverneurs, ils contrôlent 22 États, alors que les démocrates en ont 8 et 19 sont divisés.

On s’attend à des courses serrées dans 18 législatures, soit 11 Sénats et 7 Chambres. Du côté des gouverneurs, où 12 sièges sont en jeu, la situation devrait rester la même, c’est-à-dire 31 républicains, 18 démocrates et 1 indépendant.

Élections législatives dans chacun des États américains

Un occupe actuellement le poste.

Il y a poste(s) à combler dans cet État.

Composition actuelle du Sénat

Démocrate
Républicain
Autre
Vacant

Il y a poste(s) à combler dans cet État.

Composition actuelle de la Chambre

Démocrate
Républicain
Autre
Vacant

Postes à combler :

ALLÉGEANCE DES CANDIDATS SORTANTS

  • Démocrate
  • Républicaine
  • Aucune élection

Majorité au Sénat de l'État

  • Démocrate
  • Républicaine
  • Aucune élection

Majorité à la Chambre de l'État

  • Démocrate
  • Républicaine
  • Aucune élection
  • états avec postes à combler
  • états sans postes à combler

Si les républicains dominent au niveau des États, c’est parce qu’ils y ont mis les moyens, affirme Vincent Boucher. Depuis quelques années, ils ont misé sur le contrôle de ces législatures, qui sont notamment responsables du redécoupage de la carte électorale tous les 10 ans.

Aux élections de mi-mandat de 2010, les républicains ont remporté un nombre record de sièges, obtenant le contrôle de 11 législatures supplémentaires.

Ils étaient donc avantagés lors du redécoupage des circonscriptions électorales, un processus hautement partisan aux États-Unis.

« En 2010, ils ont remporté un nombre record de sièges […], ce qui leur a permis de redécouper les circonscriptions électorales à la Chambre des représentants », soutient M. Boucher, « ce qui peut favoriser le Parti républicain, étant donné que le redécoupage est un processus partisan. »

En contrôlant la majorité des législatures, un parti peut utiliser la pratique du gerrymandering, qui consiste à remanier les circonscriptions de façon à l’avantager.

La Cour suprême des États-Unis a d’ailleurs statué en 2015 que le redécoupage électoral de l’Alabama et de la Caroline du Nord était inconstitutionnel, puisqu’il avait pour effet de minimiser le vote de la population noire, généralement favorable aux démocrates.

Avec la collaboration de Guillaume Lepage

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale