La sécurité des coopérants sous la loupe après l'attentat au Burkina Faso

Des jeunes creusant un canal d'irrigation au Costa Rica. (archives) Des jeunes creusant un canal d'irrigation au Costa Rica. (archives)  Photo :  Mi Hien Vuong

L'attentat à Ouagadougou, au Burkina Faso, dans lequel sont morts six Québécois en mission humanitaire, relance une fois de plus la question de la sécurité de ces travailleurs.

Le nombre de travailleurs humanitaires tués, blessés ou kidnappés est en augmentation depuis une dizaine d'années. Selon l'organisme Humanitarian Outcomes, chargé de recueillir des données à ce sujet, 329 travailleurs ont été victimes d'un de ces différents types d'attaques graves en 2014.

Selon la directrice générale de l'Association québécoise des organismes de coopération internationale, Michèle Asselin, certains groupes réfléchissent au déploiement de nouveaux travailleurs humanitaires.

Mme Asselin conseille à ceux qui songent toujours à rejoindre leurs rangs de se tourner vers des organismes reconnus. « C'est sûr qu'il faut faire attention. J'invite les gens qui partent, de partir avec des organismes qui ont des mesures de sécurité. Et ces organismes travaillent avec l'ambassade. »

Entrevue avec François Audet
« Les organisations que je qualifierais de professionnelles vont recruter des gens adéquats pour les postes sur le terrain. On va donc identifier un professionnel en fonction d'un besoin qu'on a identifié sur le terrain. Les organisations qui ne sont pas professionnelles vont identifier les gens à envoyer sur le terrain en fonction du désir de voyager des individus. Ce qui n'est évidemment pas la manière d'opérer. » — Le directeur scientifique de l'Observatoire canadien sur les crises et l'aide humanitaire et professeur à l'UQAM, François Audet

La directrice régionale pour l'Afrique au Centre d'étude et de coopération internationale, Carine Guidicelli, explique que sa trentaine de coopérants au Burkina Faso doivent respecter en tout temps plusieurs consignes de sécurité.

« Par exemple, effectivement, ils ne peuvent pas sortir dans des lieux publics. L'idéal c'est de toujours rentrer à la maison, et avant la nuit. Ils ne circulent pas, pas de déplacements après la tombée de la nuit. »

On recommande aussi d'éviter les hôtels des grandes bannières et de respecter les couvre-feux.

Oxfam a une quinzaine de coopérants au Burkina Faso. L'organisme n'envisage pas de rappeler ses équipes, mais convient que la tragédie secoue leurs pratiques.

« Cela oblige à une remise en question, mais on va faire ça en discussion avec le gouvernement canadien et avec nos gens sur le terrain pour s'assurer qu'on puisse continuer à être solidaire, entre autres avec le Burkina [Faso] », explique le directeur du programme de coopération internationale d'Oxfam Québec, Claude St-Pierre. Il admet par ailleurs que les projets en cours au Burkina Faso accuseront des retards.

En tout, dans le monde, il y aurait environ 450 000 travailleurs humanitaires.

Avec les informations d'Éric Plouffe et de Pascal Robidas