La fraude publicitaire sur Internet inquiète : 20 % des clics seraient faux

Atelier en programmation informatique à Polytechnique. Flappy Bird.  Photo :  Radio-Canada

Quand une entreprise achète de la publicité en ligne, on lui promet une certaine visibilité, un nombre de clics. Certains en profitent pour tenter de s'enrichir frauduleusement. Jusqu'à 20 % du trafic sur les sites web serait généré par des logiciels plutôt que par de vrais Internautes, selon le Bureau de la publicité interactive aux États-Unis. 

« On suit ce phénomène depuis quelques années. Les études quantitatives commencent à sortir. Il y a même des compagnies qui se spécialisent dans la prévention de ces fraudes-là. On parle de l'équivalent de dizaines de milliards de dollars par année », dit José M. Fernandez, professeur au Département de génie informatique et génie logiciel de l'École polytechnique de Montréal. 

Pour arriver à leurs fins, les fraudeurs envoient des virus malveillants qui permettront, au final, de générer des clics, même durant la nuit, pendant que la plupart des Internautes dorment.

« Ce que je pourrais faire, c'est dire à mes amis : "Venez cliquer sur mon site." Mais si j'infecte un million de machines, et que je dis à ces machines : "Venez cliquer sur mon site", mon revenu va augmenter. Ça, c'est le cas simple », indique le professeur, en entrevue à l'émission La Sphère sur ICI Radio-Canada Première.

Le problème, c'est que le monde de la publicité sur Internet est devenu un monde très complexe, souligne le professeur Fernandez.

« Parfois, il y a une dizaine d'intermédiaires qui s'achètent et se revendent. » — José M. Fernandez

Et le stratagème peut être payant. Selon M. Fernandez, plus de 50 % des revenus des criminels informatiques de partout sur la planète proviennent de ce type de fraudes. « Ils vont utiliser des machines infectées et vont être affiliés à des compagnies publicitaires, peut-être moins regardantes », explique-t-il. De cette façon, les criminels informatiques pourront empocher une partie du profit.

José M. Fernandez José M. Fernandez  Photo :  Radio-Canada / Philippe Couture

Pas de solution simple

Loin de diminuer, le phénomène du faux trafic est désormais considéré comme un « problème important » par le Bureau de la publicité interactive (IAB) du Canada, notamment en raison du manque de mesures dissuasives qui existent.

Une étude de leur pendant américain a d'ailleurs chiffré à 8,2 milliards de dollars américains la valeur des pertes essuyées par l'industrie à cause des fraudeurs. Et même s'il existe des moyens pour détecter les fraudeurs, ils sont peu à y échapper.

Même le géant Google a fait l'acquisition en 2014 de Spider.io, une société britannique spécialisée dans la détection du piratage et dans la lutte contre le piratage visant la publicité en ligne, dans le but de conserver sa crédibilité auprès de ceux chez qui elle vend de la publicité.