Faire du bénévolat en donnant des câlins ou en coiffant les mourants

Que ce soit en coiffant les grands malades, en aménageant des sentiers pédestres ou en donnant des câlins, les bénévoles contribuent, chacun à sa façon, à améliorer notre société. Voici le portrait de quatre d'entre eux.

Un texte de Ginette LamarcheTwitterCourriel à Désautels le dimanche

Une armée de bénévoles de tous âges au Québec intervient dans différents secteurs pour soulager leur prochain. Les motivations sont différentes selon les générations, mais tous donnent de leur temps sans compter pour réconforter et soulager leur prochain, ou encore organiser des événements. La plupart d'entre eux sont des gens humbles, modestes.


Coiffer les mourants

Kathleen Mahony. Photo : Radio-Canada/>Ginette Lamarche

Kathleen Mahony est bénévole pour l'organisme Palli Ami de l'Hôpital Notre-Dame de Montréal. Tous les mardis depuis trente ans, elle passe la journée aux soins palliatifs de l'hôpital. Elle vient faire une beauté à ces patients dont les jours sont comptés. Elle leur lave leurs cheveux, elle les coiffe, elle les fait sentir encore bien vivants et beaux. 

« Je trouve que je rends vraiment service aux gens. Quand on est malade, c'est à ce moment-là qu'on a besoin d'être coiffés. Les gens viennent nous voir; on veut être à notre meilleur. » — Kathleen Mahony

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C'est un moment précieux pour ces patients, surtout parce que Kathleen fait beaucoup plus que les coiffer. Bien des patients trouvent en elle une confidente dans ces heures ultimes du dernier bilan.

Kathleen a essayé de recruter d'autres coiffeurs bénévoles pour la remplacer. « J'ai 78 ans après tout! » dit-elle en souriant. Mais le recrutement s'avère difficile. Bien des coiffeurs ne se sentent pas à l'aise de s'occuper des gens condamnés à mourir.


Aménager 105 km de sentiers

Eudore Fortin (à gauche). Photo : Radio-Canada/>Ginette Lamarche

Eudore Fortin est le père de la Traversée de Charlevoix. Hiver comme été, il arpente les sentiers qu'il a lui-même aménagés sur une période de près de quarante ans. Il les nettoie, s'assure qu'il ne manque rien dans les 17 chalets et refuges qu'il a presque tous construits.


Personne ne croyait qu'il réussirait à aménager la Traversée de Charlevoix, un des plus beaux sentiers de longue randonnée à l'est des Rocheuses, un parcours de 105 kilomètres.

« Je suis quand même satisfait de ce que j'ai fait, parce que ça fait déjà tout près de 40 ans que ça existe. Je commence à me retirer tranquillement. » — Eudore Fortin

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Ce sont surtout des citadins qui participent bénévolement à ces corvées. Eudore Fortin a donné le goût du plein air, de la randonnée à toute une génération. Il est très fier aujourd'hui que des randonneurs fassent la Traversée de Charlevoix en préparation pour le chemin de Compostelle.

Pour Charles Roberge, son complice dans ce projet, Eudore Fortin a démontré qu'il est possible de rassembler des gens autour d'une bonne idée : « Il nous fait réaliser l'importance de l'entraide, du bénévolat. »

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La cuisine collective, une seconde famille

Michou Lambert (au premier plan). Photo : Radio-Canada/>Ginette Lamarche

Michou Lambert est bénévole pour la Cuisine collective Beauport. Cette femme a atteint le fond du baril quand elle a réalisé qu'elle ne pouvait pas nourrir ses cinq enfants. Les cuisines collectives ont été pour elle une bouée de sauvetage, qui non seulement l'ont aidée à remplir son frigo, mais l'ont sortie de son isolement. Elle a trouvé là un réseau, une seconde famille.

« Je donne au suivant ce que j'ai reçu. Il y en a qui nous font confiance, qui sont plus près de nous. » — Michou Lambert

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Michou Lambert participe à 14 groupes de cuisine collective. Elle donne beaucoup plus que des conseils et des recettes. Michou sait déceler si l'une ou l'autre a des problèmes personnels, elle sait comment les guider pour qu'elles obtiennent de l'aide. À travers sa générosité et son dévouement, Michou Lambert se réalise et aide les autres à trouver la lumière au bout du tunnel.

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L'espace d'un câlin

Olivier Blais. Photo : Radio-Canada/>Ginette Lamarche


Olivier Blais est le fondateur de la Brigade du bonheur, de l'amour et de la paix. Plusieurs heures par semaine, lui et ses brigadiers offrent des câlins gratuits aux passants dans les stations de métro et dans les événements caritatifs. Costumé en léopard, il veut accrocher un sourire dans le visage des gens trop occupés par leurs soucis, leur travail. Il veut les réconforter, l'espace d'un câlin.

« Il ne faut pas prendre le simple petit câlin comme anodin parce que depuis deux ans et demi, il y a au moins une quarantaine de personnes qui ont pleuré dans mes bras. J'étais là au bon moment dans leur vie. » — Olivier Blais

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En un peu plus de deux ans, cette idée un peu saugrenue a fait son chemin. Une quarantaine de bénévoles se sont joints à la Brigade du bonheur de l'amour et de la paix. Plusieurs organismes demandent aux brigadiers de réconforter des gens qui ont vécu des passages difficiles.
Olivier Blais a une seule ambition : changer le monde un câlin à la fois.

Cliquez ici pour écouter le reportage de Ginette Lamarche sur Olivier Blais.

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