C'est bien le navire de John Franklin qui gît dans les abysses de l'Arctique

La Presse Canadienne
Cette image sonar montre l'épave retrouvée. Cette image sonar montre l'épave retrouvée.  Photo :  Handout/Reuters

L'épave retrouvée le mois dernier dans le détroit de Victoria, en Arctique, est bel et bien celle du navire HMS Erebus, vaisseau sur lequel naviguait en 1845 l'explorateur anglais John Franklin, à la recherche du passage du Nord-Ouest.

C'est le premier ministre Stephen Harper lui-même qui a confirmé avec fierté l'identité du bateau, mercredi, aux Communes.

« Je suis ravi de confirmer que nous avons identifié lequel des deux navires de l'expédition Franklin a été retrouvé, a-t-il annoncé. Il s'agit bien du HMS Erebus. » — Stephen Harper

« La confirmation a été faite par les archéologues subaquatiques de Parcs Canada, à la suite d'un examen méticuleux de données et d'artefacts observés sur le fond marin de l'océan Arctique à l'aide de photographies de haute résolution, de vidéos haute définition et de mesures prises au moyen d'un sonar multifaisceaux », a fait savoir le Cabinet du premier ministre par voie de communiqué.

L'épave de l'Erebus semble bien conservée. Une image sonar fait voir cinq mètres de proue du navire sortie du fond marin, et quatre mètres de poupe. Certaines structures du pont sont encore intactes, dont le grand mât, qui a été rompu par les glaces lorsque le navire a sombré dans les eaux glacées de l'Arctique.

La découverte d'une épave par 11 mètres de fond dans la baie de la Reine-Maud, au large de la côte ouest de la presqu'île Adélaïde, avait été annoncée le 7 septembre. On savait qu'il s'agissait d'un des deux navires de l'expédition, mais on n'avait pas encore déterminé avec certitude s'il s'agissait de la nef principale de Franklin ou du deuxième navire de l'équipée, le HMS Terror.

Le sort inconnu de Franklin et de ses hommes

Dessin représentant le bateau de John Franklin dans l'Arctique Dessin représentant le bateau de John Franklin dans l'Arctique  Photo :  PC/Archives publiques du Canada

Par ailleurs, le mystère demeure entier quant à ce qui a bien pu arriver à Franklin et à ses 129 hommes d'équipage cette année-là. Les deux navires de la Marine royale avaient quitté Greenhithe, en Angleterre, le 19 mai 1845, pour découvrir le passage du Nord-Ouest, qui devait permettre de gagner le Pacifique par le nord. Ils ont été aperçus pour la dernière fois au moment où ils entraient dans la baie de Baffin, en août. Le HMS Terror, une bombarde qui avait servi durant la guerre de 1812, n'a jamais été repéré. 

La disparition des deux vaisseaux de Sa Majesté a nourri l'imaginaire britannique à l'époque victorienne. Depuis 2008, Parcs Canada a mené, en vain, six importantes expéditions pour tenter de retrouver les deux épaves, qui ont fait l'objet de multiples recherches depuis le 19e siècle.

L'été dernier, quatre navires canadiens - le Sir-Wilfrid-Laurier de la Garde côtière, le NCSM Kingston de la Marine royale, et des bateaux de l'Arctic Research Foundation et de One Ocean Expedition - ont mené de nouvelles recherches, qui ont été fructueuses.

Construit en 1826, le NSM Erebus était à l'origine une bombarde, qui a ensuite été reconvertie. Il avait été baptisé en l'honneur de l'Érèbe, lieu des ténèbres d'Hadès, dans la mythologie grecque. L'Erebus et le Terror étaient équipés de moteurs à vapeur (des moteurs de locomotives convertis); leur coque de bois renforcée de plaques de fer devait les aider à naviguer dans les glaces.

Ils transportaient des provisions largement suffisantes pour un voyage pouvant durer jusqu'à trois ans. Sir John Franklin avait l'ordre de traverser le passage, puis de rentrer immédiatement en Angleterre par le Pacifique.

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